Depuis l’incendie de mai 2019 qui a arrêté sa raffinerie de Limbé, le Cameroun dépend des importations de produits raffinés. L’accord avec Dangote Petroleum Refinery and Petrochemicals et MRS Holding conclut des négociations engagées en janvier. Du 19 au 22 octobre, une délégation conduite à Lagos par Hervé Manfouo, conseiller technique à la présidence, a finalisé les discussions avec des responsables de la Sonara, de la SCDP, de la CSPH et de la BEAC.
La raffinerie de Lekki, près de Lagos, fournira durant 30 mois la moitié des besoins nationaux en essence, gasoil et carburant d’aviation. MRS organisera les cargaisons et leur transport maritime jusqu’à Limbé ; la Sonara les intégrera aux circuits de distribution. Pour les 50 % restants, l’entreprise publique pourra solliciter d’autres fournisseurs.
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En 2025, le Cameroun a importé 2,02 millions de tonnes de produits pétroliers blancs, pour 788,4 milliards de FCFA. La part destinée à Dangote représenterait environ un million de tonnes par an. Pour soutenir les achats, la Sonara a obtenu en septembre 124 milliards de FCFA auprès de l’International Islamic Trade Finance Corporation (ITFC). Cette enveloppe finance l’exécution du contrat, dont la valeur totale n’a pas été publiée. Les documents préparatoires prévoiraient 60 jours pour régler les factures entre livraisons.
Selon EcoMatin, une tarification « back-to-back » permettra à la Sonara de vérifier le prix appliqué par Dangote et les frais ajoutés jusqu’à Limbé. Le mécanisme vise à limiter les surfacturations, les coûts de transport et les surestaries portuaires. Les économies attendues ne sont toutefois pas chiffrées et aucune baisse des prix à la pompe n’est garantie. L’effet dépendra des tarifs négociés et de la régularité des livraisons.
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L’accord rejoint les recommandations de la BEAC, qui invite les pays de la CEMAC à diversifier leurs fournisseurs. Dans la sous-région, la facture annuelle des importations de produits raffinés est estimée à près de 2 000 milliards de FCFA. Déjà présent au Cameroun dans le ciment, Dangote ouvre un nouveau débouché. Pour la Sonara, le partenariat sécurise une partie des approvisionnements alors que sa raffinerie reste à l’arrêt. Le défi sera de convertir cette diversification en économies mesurables pour l’État.
Amélie Yandal



