Pour Tradex, le marché congolais passe désormais du projet à l’exploitation commerciale. Le 22 octobre 2026, sa filiale en République démocratique du Congo (RDC) a commencé la vente de super et de gasoil dans la station Tradex Kingabwa, implantée dans la commune de Limete, à Kinshasa. L’investissement de 2,1 millions de dollars marque une étape décisive dans la stratégie d’expansion du distributeur pétrolier camerounais, contrôlé par la Société nationale des hydrocarbures (SNH). Après plusieurs mois de préparation, l’entreprise dispose désormais d’un premier point de vente opérationnel dans la capitale congolaise.
Construite sur une superficie de 1 800 m², la station affiche une capacité totale de stockage de 130 000 litres, répartie entre 75 000 litres de super et 55 000 litres de gasoil. Quatre pompes, dotées au total de 12 pistolets, assurent la distribution. Le site intègre également des cuves à double enveloppe équipées de détecteurs de fuite et des dispositifs de lutte contre les incendies. Au-delà des carburants, l’infrastructure abrite une boutique, des bureaux et un espace de services destiné aux motos, aux automobiles et aux engins de travaux publics. Un local pouvant accueillir 300 bouteilles de gaz ainsi qu’un forage d’eau accessible aux riverains complètent l’ensemble.
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Cette implantation possède également une dimension économique locale. La construction et l’équipement de la station ont mobilisé une cinquantaine de personnes, tandis que son exploitation génère 16 emplois permanents occupés par de jeunes Congolais. Pour Tradex, l’enjeu consiste à installer durablement sa marque sur un marché où la distribution des produits pétroliers représente un secteur stratégique. Constituée en 2024, Tradex RDC est spécialisée dans la commercialisation, le stockage et le transport des hydrocarbures. Son capital social déclaré s’élève à 11,67 milliards de francs congolais. La filiale entend progressivement étoffer son offre, avec la perspective d’intégrer des services bancaires et, sur certains sites, des parapharmacies.
L’offensive congolaise n’a toutefois pas été épargnée par les difficultés. Le 28 août 2026, un autre chantier de Tradex, situé à proximité de l’aéroport international de N’djili, dans la commune de N’sele, a été démoli alors que les travaux approchaient de leur achèvement. Selon l’entreprise, plus de 2 millions de dollars avaient déjà été engagés dans ce projet. Les circonstances précises de l’opération et son fondement juridique n’ont pas été publiquement clarifiés. Cet épisode a perturbé le calendrier d’implantation du groupe et soulevé des interrogations sur la sécurisation des investissements privés en RDC.
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Tradex affirme néanmoins avoir relancé les travaux sur le site de Maba et vise une mise en service à la mi-décembre 2026. L’objectif annoncé est de disposer de deux stations opérationnelles à Kinshasa avant la fin de l’année. Deux autres projets sont également envisagés, avec le lancement prochain d’appels d’offres pour leur construction. Cette montée en puissance doit permettre au groupe camerounais de consolider sa présence dans la distribution pétrolière congolaise. Reste à transformer cette première ouverture en un réseau commercial viable, capable de soutenir la croissance de la filiale tout en préservant les investissements nécessaires à son développement.
Anatole Bidias



