Perenco ouvre une nouvelle séquence dans ses opérations camerounaises. À Yaoundé, le 17 septembre, lors de la présentation de Julien Gras, nouveau directeur général de ses filiales au Cameroun, l’opérateur a détaillé avec la Société nationale des hydrocarbures (SNH) les résultats obtenus sur plusieurs structures du bassin du Rio del Rey. Selon la SNH, Kita et Bokwango ont permis de mettre en évidence plus de 30 millions de barils d’huile et plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz. Perenco précise, pour Bokwango seul, 31 millions de barils de pétrole et 25 milliards de pieds cubes de gaz en place.
Ces chiffres appellent toutefois une lecture prudente. Le volume pétrolier de 31 millions de barils annoncé pour Bokwango n’est pas qualifié par Perenco comme réserve récupérable ou commercialisable. Il ne peut donc être assimilé, à ce stade, à des réserves prêtes à être produites. Côté gaz, les plus de 40 milliards de pieds cubes annoncés par la SNH concernent Kita et Bokwango sans ventilation précise. Les 25 milliards de pieds cubes attribués par Perenco à Bokwango ne permettent donc pas, par simple différence, de déterminer le potentiel exact de Kita.
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Un autre résultat renforce le potentiel gazier du portefeuille. Dans le cadre du contrat de partage de production Bomana, le forage du prospect Lungahe a mis en évidence 55 milliards de pieds cubes de gaz en place. Là encore, il s’agit d’un volume contenu dans le réservoir et non d’un niveau de production future. La quantité effectivement récupérable dépendra notamment du facteur de récupération, des investissements nécessaires, des infrastructures et des conditions économiques et contractuelles. Le projet s’inscrit dans des travaux engagés depuis plusieurs années, la prorogation de l’autorisation de recherche de Bomana en 2023 ayant notamment permis de poursuivre les études et de préparer ce forage.
Au-delà des découvertes, Perenco revendique une intensification de ses travaux dans le Rio del Rey. Le groupe indique avoir foré 25 puits et réalisé une cinquantaine d’opérations de reconditionnement, générant près de 13 000 barils par jour de production supplémentaire et ajoutant plus de 21 millions de barils à ses réserves. La SNH évoque de son côté une hausse d’environ 7 000 barils par jour de la production nationale liée au développement complémentaire du champ durant le mandat d’Yves Postec. Ces deux données ne sont pas directement comparables, leurs périmètres et périodes de référence n’étant pas identiques.
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Depuis 2012, Perenco affirme avoir investi plus de 1,5 milliard de dollars au Cameroun aux côtés de la SNH. L’opérateur fait également état d’une centaine de puits forés, de plus de 100 opérations de reconditionnement et de plus de 240 millions de barils ajoutés aux réserves sur cette période. Sa production opérée au Cameroun est actuellement évaluée par le groupe à environ 75 000 barils équivalent pétrole par jour. Ces performances donnent du poids aux nouvelles opérations d’exploration, alors que le bassin du Rio del Rey demeure l’un des principaux pôles de production pétrolière du pays.
Reste désormais à transformer les volumes identifiés en projets industriels. Parmi les dossiers transmis au nouveau dirigeant de Perenco figurent la poursuite des travaux d’appréciation, le développement de Bokwango et la valorisation du gaz du Rio del Rey. Sur ce dernier volet, le groupe indique que ses prochains investissements restent liés à la finalisation du cadre contractuel avec la SNH. Deux renforcements techniques sont également envisagés : 10 MW supplémentaires de capacité électrique et 15 millions de pieds cubes par jour additionnels pour le gaz-lift. Aucun calendrier ni montant d’investissement n’a encore été communiqué.
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Pour Perenco, l’enjeu dépasse donc la seule découverte de nouvelles ressources. Il consiste désormais à accélérer leur appréciation, à sécuriser leur cadre contractuel et à définir les infrastructures nécessaires à leur valorisation. Au moment où Julien Gras prend les commandes des activités camerounaises, le groupe dispose ainsi d’un portefeuille renouvelé de projets pétroliers et gaziers, avec le Rio del Rey comme principal laboratoire de cette nouvelle phase de développement.
Fabrice Tatisson



