Dans un marché où la disponibilité et le coût de l’alimentation freinent la productivité des troupeaux, Olam Agri ouvre un nouveau front commercial. Le groupe agro-industriel a présenté le 10 septembre 2026, dans l’État de Kaduna, Tru-Value, sa première gamme de produits destinés aux bovins. Cette initiative marque l’élargissement de son activité Integrated Feed & Protein (IFP), jusque-là centrée sur les aliments pour volailles et poissons.
La nouvelle gamme comprend trois formulations : Beef Pellet, pour favoriser la prise de poids, Beef Plus Pellet, destinée à améliorer l’engraissement et la finition, et Dairy Pellet, conçue pour soutenir la production laitière. Pour Olam Agri, il s’agit de mettre ses compétences en nutrition animale au service d’une autre catégorie d’éleveurs, en s’appuyant sur ses capacités industrielles et son réseau de distribution. Le groupe entend notamment proposer des aliments à des prix compétitifs, dans un secteur où le coût de la ration pèse lourdement sur les exploitations.
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L’entreprise dispose déjà d’une base industrielle dans le pays. Dans l’État de Kwara, elle exploite deux installations affichant des capacités annuelles de 800 000 tonnes d’aliments pour volailles et de plus de 150 000 tonnes pour poissons. Cette présence lui offre des infrastructures et une expérience de distribution qu’elle peut mobiliser pour développer son offre bovine. Le lancement de Tru-Value constitue ainsi une diversification de portefeuille, mais aussi une tentative de conquête d’un nouveau segment de clientèle.
Le contexte national est porteur, mais exigeant. Le Nigeria cherche à accroître la productivité de son élevage et à développer des systèmes plus commerciaux. Abuja ambitionne notamment de porter la production laitière nationale à près de 1,4 million de tonnes d’ici à 2030, soit environ le double du niveau de référence évoqué par les autorités. Une telle évolution suppose d’améliorer l’alimentation, la santé animale et les pratiques d’élevage, autant de facteurs qui conditionnent les rendements.
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Le déficit fourrager souligne l’ampleur du défi. Selon le Plan directeur de l’élevage du Nigeria 2026-2040, élaboré avec l’International Livestock Research Institute et publié en avril 2026, les ressources alimentaires disponibles atteignent environ 194,7 millions de tonnes de matière sèche par an, contre des besoins estimés à 212,4 millions. Le manque représente près de 17,7 millions de tonnes, soit 8,3 % des besoins. Dans la savane sèche, qui concentre 53 % du cheptel de ruminants, le déficit atteindrait 44,7 millions de tonnes, soit 37 % des besoins de la zone.
Les projections renforcent les perspectives de demande. Le cheptel bovin pourrait passer d’environ 61 millions de têtes à 75 millions en 2040, une hausse de 22 %. Les effectifs de moutons et de chèvres progresseraient respectivement de 59 % et 42 %, pour atteindre 110 millions et 199 millions de têtes. Mais l’existence d’un déficit alimentaire ne garantit pas, à elle seule, un débouché pour les aliments industriels : leur adoption dépendra du prix, de la disponibilité et des gains de productivité effectivement obtenus par les éleveurs.
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Pour Olam Agri, l’enjeu sera donc de convertir ses capacités de production et son réseau existant en parts de marché dans l’élevage bovin. Le groupe arrive sur un segment où les besoins sont importants, mais où la compétitivité tarifaire et l’accès aux producteurs seront déterminants.
Sorelle Ninguem



