À la CAMWATER, la transformation numérique entre dans une phase opérationnelle. Depuis le 10 août à Yaoundé, l’entreprise publique réunit cadres dirigeants, responsables d’agences, équipes techniques et partenaires au Complexe MUNDI pour mettre en cohérence son nouvel écosystème digital, baptisé WATERIS by CAMWATER. L’objectif est de remplacer progressivement une partie des processus manuels par des outils interconnectés, avec un double enjeu : améliorer la relation avec les abonnés et mieux sécuriser les recettes commerciales.
Au cœur du dispositif figurent huit solutions. WATERIS-METER doit digitaliser la relève et la télérelève des compteurs ; WATERIS-COMMERCIAL couvre le cycle allant des contrats à la facturation et aux réclamations ; WATERIS-STOCK assure le suivi des matériels ; WATERIS-PAY centralise les paiements électroniques ; WATERIS-INTEGRATION synchronise ces transactions avec la comptabilité. S’y ajoutent WATERIS-GEC pour la gestion électronique des documents, WATERIS-MAIL pour les communications internes et WATERIS-DASHBOARD pour le pilotage commercial et financier.
L’enjeu dépasse la simple acquisition de logiciels. Pendant cinq jours, du 10 au 14 août, les participants doivent tester l’interconnexion des différentes briques, vérifier les processus métiers et préparer leur déploiement dans les agences. La première journée est consacrée au cadrage général ainsi qu’à GEC et MAIL. Les journées suivantes mettent successivement à l’épreuve les modules commerciaux, relève, stocks, paiement, intégration et pilotage, avant une simulation complète de la chaîne allant du branchement au règlement de la facture.
Cette mutation intervient alors que l’opérateur poursuit parallèlement d’importants chantiers physiques sur son réseau. À Douala, le diagnostic d’un projet de reconfiguration, d’extension et de modernisation du réseau faisait apparaître un taux de desserte de 40,53 %, un rendement de distribution de 36,14 % et seulement quatre heures d’autonomie de stockage. À Yaoundé, la CAMWATER a par ailleurs porté en juillet sa capacité de production destinée à la capitale à 130 000 m³ par jour après la remise en service d’une troisième pompe à Akomnyada.
Pour la direction générale, dirigée par Blaise Moussa, le numérique doit donc devenir un outil de performance industrielle et commerciale. La sécurisation des infrastructures, la migration des données et l’interfaçage des systèmes constituent le volet technique du programme, tandis que les équipes métiers travaillent sur le paramétrage des processus et les cas d’usage correspondant aux différents profils d’agents. La démarche prolonge une stratégie de digitalisation déjà engagée par la CAMWATER, notamment avec la téléphonie VoIP, l’interconnexion de sites et la gestion électronique des documents.
La réussite du projet dépendra désormais de son appropriation par les équipes. CAMWATER prévoit ainsi un plan de renforcement des capacités et une diffusion électronique des supports après chaque session. Avec WATERIS, l’entreprise cherche surtout à faire converger ses opérations autour d’un même système d’information, afin de raccourcir les délais, fiabiliser les données, faciliter les paiements et donner à ses responsables une visibilité plus fine sur l’activité.
Amelie Yandal



