Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille et Prof James Mouangue Kobila, Président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun.
La montée des violences de genre au Cameroun franchit un seuil critique. Face à cette spirale inquiétante, les pouvoirs publics haussent le ton et accélèrent la riposte. À travers une concertation stratégique, la ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille et le président de la Commission des Droits de l’Homme du Cameroun ont affiché une volonté commune : conjuguer leurs efforts pour freiner durablement ce phénomène.
Dans la salle de conférence du ministère, le constat est sans appel. Féminicides, infanticides, violences conjugales, économiques et psychologiques se multiplient, nourrissant un climat d’indignation au sein de l’opinion publique. Cette situation, jugée intolérable, impose des réponses immédiates et coordonnées.
Les chiffres confirment l’urgence. Selon ONU Femmes, une femme sur trois dans le monde subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie. Au Cameroun, les données du Fonds des Nations unies pour la population indiquent qu’environ 51 % des femmes ont déjà été confrontées à des violences sous diverses formes. Une réalité qui hisse cette problématique au rang de priorité nationale.
Pour inverser la tendance, la CDHC et le ministère entendent passer à une vitesse supérieure. Au cœur de cette offensive figure un projet de loi spécifique en cours de finalisation, destiné à renforcer l’arsenal juridique contre les violences de genre. Ce texte devrait intégrer des mesures plus strictes en matière de prévention, de protection des victimes et de répression des auteurs.
Pour James Mouangue Kobila, la lutte ne peut être efficace sans une mobilisation générale. Il appelle à une implication accrue des institutions, de la société civile ainsi que des autorités traditionnelles et religieuses afin de briser le silence et mettre fin à l’impunité. Dans cette dynamique, la CDHC prévoit de durcir ses mécanismes de conciliation en matière de conflits conjugaux, en identifiant clairement les responsabilités dans ses procès-verbaux, désormais opposables devant les juridictions.
De son côté, Marie Thérèse Obama épse Abena Ondoa défend une approche globale et structurée. En parallèle du projet de loi, le ministère s’attèle à renforcer la place des femmes dans la sphère politique. À l’approche des échéances électorales, un projet de quotas sur les listes est à l’étude pour améliorer leur représentativité dans les instances de décision.
Au-delà des engagements, cette rencontre marque un tournant. Elle traduit une prise de conscience au sommet de l’État et une volonté affirmée d’endiguer un fléau qui fragilise le tissu social. L’enjeu désormais est clair : transformer cette mobilisation en actions concrètes capables de freiner durablement les violences de genre au Cameroun.



