(LVDE) — Les Douanes camerounaises annoncent l’interception de près de 2,5 tonnes de stupéfiants à l’aéroport international de Douala. Provenant d’Europe et d’Asie, les cargaisons dissimulées sous de fausses déclarations représentent une valeur estimée à 50 milliards de FCFA. Une opération d’envergure dans un contexte de lutte accrue contre les trafics transnationaux.
Le dispositif de contrôle du fret aérien à l’aéroport international de Douala vient de réaliser l’une de ses plus importantes prises. Le Service principal de la Surveillance des Douanes a mis la main sur six cargaisons de substances prohibées totalisant environ 2 491 kilogrammes. Selon l’administration dirigée par Fongod Edwin Nuvaga, la saisie comprend 1 057 kg de cocaïne en provenance d’Allemagne et 1 434 kg de tramadol expédiés depuis l’Inde et le Soudan du Sud.
Les produits, acheminés par des compagnies aériennes européenne et africaine dont les identités n’ont pas été révélées, avaient été déclarés comme « fournitures médicales ». Une tentative de dissimulation qui n’a pas résisté aux contrôles douaniers renforcés sur la plateforme aéroportuaire. Les services spécialisés évoquent une valeur marchande estimée à près de 90 millions de dollars, soit environ 50 milliards de FCFA sur le marché illicite.
Cette opération s’inscrit dans une dynamique de vigilance accrue. D’après les données de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), l’Afrique centrale est devenue ces dernières années une zone de transit stratégique pour la cocaïne en provenance d’Amérique latine vers l’Europe et le Moyen-Orient. Les saisies record enregistrées dans plusieurs pays du golfe de Guinée illustrent l’ampleur du phénomène.
Au Cameroun, les Douanes multiplient les opérations ciblées dans les ports et aéroports afin de contenir les flux illicites. L’aéroport de Douala, principal hub aérien du pays, concentre une part importante du fret international. Les autorités soulignent que les cargaisons interceptées ont été immédiatement placées sous scellés et transmises aux instances judiciaires compétentes pour approfondissement des investigations.
Concernant le tramadol, médicament détourné à des fins psychotropes, les services douaniers collaborent avec les autorités régionales pour assurer sa destruction sécurisée. La circulation massive de ce produit en Afrique de l’Ouest et centrale constitue un enjeu sanitaire majeur, en raison de son usage détourné et de ses effets addictifs.
Pour les responsables douaniers, cette saisie illustre l’efficacité des dispositifs de contrôle et la coordination interservices. Elle traduit aussi la détermination des autorités à protéger la santé publique et à préserver la sécurité nationale face aux réseaux criminels transfrontaliers.
Anatole Bidias



