La Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) accélère sa transformation numérique. Lors de sa session ordinaire tenue le 6 avril 2026 dans la capitale tchadienne, l’institution monétaire régionale a franchi une étape importante en validant le principe d’un QR code communautaire destiné à harmoniser et sécuriser les paiements instantanés au sein de la zone CEMAC.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique de modernisation des infrastructures financières communes, alors que les économies de la sous-région évoluent dans un environnement international marqué par l’instabilité des marchés, les tensions inflationnistes et les fluctuations des devises. Les administrateurs de la banque centrale ont ainsi examiné les grandes orientations stratégiques de l’institution, incluant la politique monétaire, la stabilité financière et les perspectives de croissance régionale.
Présidant les travaux, Tahir Hamid Nguilin a insisté sur la nécessité d’une coordination renforcée entre les États membres afin de consolider la résilience du système financier communautaire. Il a également souligné l’importance d’une politique monétaire capable de soutenir la croissance sans compromettre la maîtrise de l’inflation, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires restent limitées.
Les travaux ont également permis de passer en revue les performances financières de la BEAC pour l’exercice 2025. L’institution a enregistré un résultat bénéficiaire estimé à 300 milliards de FCFA, en recul par rapport aux 355 milliards de FCFA réalisés en 2024. Cette baisse, selon les analystes, reflète les ajustements liés au contexte macroéconomique régional et aux contraintes des marchés internationaux.
Au cœur des résolutions adoptées, l’introduction du QR code communautaire représente une innovation majeure pour les systèmes de paiement en Afrique centrale. Ce dispositif vise à faciliter les transactions instantanées, réduire les coûts de transfert et renforcer l’inclusion financière dans les six États membres de la CEMAC. Il devrait permettre une interopérabilité accrue entre les plateformes bancaires et les services financiers mobiles, dans une région où l’usage du mobile money connaît une croissance continue.
Selon les orientations évoquées lors de la session, cette réforme s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors du sommet de Brazzaville en janvier 2026, qui avait réaffirmé la nécessité de consolider la stabilité macroéconomique et d’accélérer les réformes structurelles en faveur d’une croissance durable.
Avec cette initiative, la BEAC entend non seulement moderniser les moyens de paiement, mais aussi accompagner la transformation digitale des économies de la sous-région, en posant les bases d’un système financier plus intégré, plus rapide et plus sécurisé.



