Dr George Elombi, President de Afreximbank et Aliko Dango, PDG du Groupe Dangote
Quarante milliards de dollars pour changer d’échelle. En dévoilant sa stratégie « Vision 2030 » devant Afreximbank, Aliko Dangote affiche clairement ses ambitions : consolider son leadership industriel et capter une part accrue de la valeur sur le continent africain.
Structuré sur la période 2025-2030, ce programme d’investissements massif vise à porter le chiffre d’affaires du groupe à 100 milliards de dollars. L’approche repose sur le renforcement des actifs existants et l’ouverture de nouveaux relais de croissance, dans une logique d’intégration des chaînes de valeur.
Au cœur de cette stratégie, la montée en puissance de la Dangote Petroleum Refinery apparaît comme un levier déterminant. Sa capacité devrait passer de 650 000 à 1,4 million de barils par jour, positionnant l’Afrique comme un acteur plus compétitif dans le raffinage. Dans un contexte marqué par une forte dépendance aux importations de produits pétroliers, cet investissement pourrait contribuer à réduire les déséquilibres énergétiques.
Le groupe accélère également dans les engrais. Avec une production appelée à quadrupler pour atteindre 12 millions de tonnes, Dangote Fertilizer Limited ambitionne de s’imposer comme un leader mondial de l’urée, un intrant clé pour l’agriculture. Cette orientation intervient alors que les tensions sur les marchés internationaux des fertilisants persistent.
Dans le ciment, Dangote Cement poursuit sa stratégie d’expansion. Déjà numéro un africain, le groupe prévoit de porter sa capacité à 80 millions de tonnes d’ici 2030, soutenu par un investissement d’un milliard de dollars. Une réponse à la demande croissante en infrastructures et en logements sur le continent.
L’agro-industrie, notamment le sucre et le riz, constitue un autre pilier. En renforçant ces filières, le groupe entend contribuer à la sécurité alimentaire tout en réduisant la dépendance aux importations, dans un contexte de croissance démographique soutenue.
Au-delà de ses activités traditionnelles, le conglomérat explore de nouveaux segments à fort potentiel. Infrastructures, gaz, exploitation minière, énergie et centres de données figurent parmi les priorités. L’objectif est de fluidifier les échanges, réduire les coûts logistiques et accompagner la transformation numérique de l’Afrique.
Selon la Banque mondiale, la croissance du continent pourrait dépasser 4 % dans les prochaines années, portée par l’urbanisation et l’émergence d’une classe moyenne. Dans ce contexte, les investissements du groupe Dangote s’inscrivent comme un levier majeur de transformation industrielle.
Reste le défi du financement. Dans des marchés encore fragmentés, la mobilisation de capitaux à grande échelle demeure complexe. C’est dans cette optique que Afreximbank a réaffirmé son soutien au groupe. Son président, George Elombi, voit dans ce partenariat un catalyseur pour concrétiser des investissements structurants.
Avec « Vision 2030 », Aliko Dangote ne se limite plus à consolider ses acquis. Il entend redéfinir les équilibres industriels africains en misant sur la montée en puissance des capacités locales et l’intégration économique du continent.



