Dans la capitale française, le Cameroun a choisi de parler d’opportunités concrètes plutôt que de perspectives théoriques. Face à un auditoire composé de chefs d’entreprises, de bailleurs de fonds et d’acteurs économiques réunis par le Conseil des investisseurs français en Afrique, la délégation conduite par Gaston Eloundou Essomba a défendu une vision axée sur la transformation productive et la valorisation des ressources locales.
Dans un contexte mondial marqué par les tensions économiques et la recomposition des chaînes de valeur, le pays met en avant une croissance estimée à environ 4 %, confirmant sa résilience au sein de la zone CEMAC. Mais au-delà des indicateurs macroéconomiques, Yaoundé insiste sur une évolution structurelle : la montée en puissance des investissements productifs et la diversification industrielle.
Le secteur énergétique occupe une place centrale dans cette stratégie. Avec un potentiel hydroélectrique parmi les plus importants d’Afrique centrale, le Cameroun entend sécuriser son approvisionnement tout en soutenant l’industrialisation. Des projets comme le barrage de Nachtigal, déjà en phase opérationnelle avec une capacité de plusieurs centaines de mégawatts, illustrent la volonté de renforcer la production électrique grâce à des partenariats internationaux.
L’agro-industrie constitue un autre axe majeur de développement. Le gouvernement souhaite augmenter la transformation locale des matières premières afin de réduire les exportations brutes et de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire. Cette orientation s’accompagne d’investissements dans les infrastructures de transport et les corridors logistiques, indispensables pour fluidifier les échanges internes et régionaux.
Le numérique et la modernisation administrative complètent ce dispositif. Les autorités mettent en avant la digitalisation progressive des services publics, la simplification des procédures de création d’entreprises et l’amélioration du climat des affaires. Ces réformes visent à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers et locaux.
Avec une population estimée à plus de 30 millions d’habitants et un accès direct à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), le Cameroun ambitionne de devenir une plateforme régionale d’échanges et de production. Cette position géographique stratégique en Afrique centrale est présentée comme un levier pour attirer les industries manufacturières et les centres de services.
À Paris, le message des autorités camerounaises est clair : le pays ne se limite plus à un potentiel à exploiter, mais propose désormais des projets identifiés, structurés et ouverts à des partenariats durables. L’enjeu est de transformer les engagements en réalisations concrètes, dans un contexte où la concurrence entre destinations africaines pour capter les investissements s’intensifie.



