Après une année difficile, la filière aluminium camerounaise retrouve des couleurs. En 2025, les exportations ont généré 40 milliards FCFA, enregistrant une progression de 13 % par rapport à l’exercice précédent. Un rebond qui intervient après une contraction brutale de 42 %, conséquence directe du ralentissement de la demande sur les marchés internationaux, notamment en Europe.
Seul producteur et exportateur d’aluminium de la zone CEMAC, le Cameroun s’appuie essentiellement sur les performances de Alucam. L’entreprise, implantée à Édéa, joue un rôle central dans la transformation de la bauxite en aluminium, destiné en grande partie à l’exportation.
Le redressement observé en 2025 s’explique par une reprise progressive de la demande mondiale, mais aussi par un réajustement des flux commerciaux. Après avoir fortement réduit leurs commandes, certains partenaires européens ont recommencé à s’approvisionner, permettant au Cameroun de relancer ses expéditions. Toutefois, cette dépendance à l’Union européenne reste un facteur de vulnérabilité pour la filière.
Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce, le marché mondial de l’aluminium demeure soumis à de fortes fluctuations, influencées par la conjoncture industrielle, les coûts énergétiques et les tensions géopolitiques. En 2024, la baisse de la demande en Europe, liée au ralentissement économique et à la hausse des prix de l’énergie, avait fortement impacté les exportations africaines.
Dans ce contexte, le rebond de 2025 apparaît comme un signal encourageant, mais encore fragile. Les analystes estiment que la diversification des débouchés constitue un enjeu majeur pour le Cameroun, afin de réduire sa dépendance à un nombre limité de partenaires commerciaux. L’ouverture vers de nouveaux marchés en Asie ou au Moyen-Orient pourrait offrir des perspectives de croissance plus stables.
Au-delà des exportations, la filière aluminium reste stratégique pour l’économie nationale. Elle contribue à la création d’emplois, au développement industriel et à la valorisation des ressources naturelles. Toutefois, sa compétitivité demeure étroitement liée à la disponibilité et au coût de l’énergie, un facteur déterminant dans la production d’aluminium.
D’après la Banque mondiale, la demande mondiale en aluminium devrait continuer de croître, portée par les secteurs de la construction, de l’automobile et des énergies renouvelables. Cette tendance offre des opportunités au Cameroun, à condition de renforcer ses capacités de production et d’améliorer sa résilience face aux chocs externes.
Ainsi, la reprise enregistrée en 2025 marque une étape importante pour la filière, sans pour autant dissiper les incertitudes. Le défi pour le Cameroun sera désormais de consolider cette dynamique et de positionner durablement son aluminium sur un marché mondial en mutation.



