Le secteur agroalimentaire camerounais confirme son rôle croissant dans les performances commerciales du pays. Longtemps centré sur l’exportation de matières premières brutes, le modèle évolue progressivement vers une transformation locale à plus forte valeur ajoutée, permettant au pays de mieux capter les revenus issus des marchés internationaux.
Le cacao transformé illustre cette mutation. En 2025, les dérivés comme la pâte et le beurre de cacao ont affiché une progression combinée supérieure à 20 %, soutenant une hausse des recettes estimées à plusieurs centaines de milliards FCFA. Cette évolution intervient paradoxalement dans un contexte de baisse des cours mondiaux, liée à l’augmentation de l’offre internationale et au ralentissement de la demande dans certaines zones industrielles. Malgré cela, les volumes exportés continuent de progresser, traduisant une meilleure intégration des capacités locales de transformation.
Dans ce segment, des entreprises comme SIC Cacaos dominent le marché, suivies par d’autres acteurs émergents de la filière. Cette structuration progressive renforce la compétitivité du cacao camerounais, qui s’exporte désormais sous forme semi-transformée vers plusieurs destinations régionales et internationales.
Le sucre constitue un autre moteur de croissance. Les exportations ont connu une envolée exceptionnelle, estimée à plus de 400 %, pour atteindre environ 1,7 milliard FCFA. Cette performance contraste avec un marché mondial déprimé, où les prix ont reculé sous l’effet d’une reconstitution des stocks et d’une offre abondante, selon les analyses de l’Organisation internationale du sucre.
Cette embellie intervient toutefois dans un environnement difficile pour les producteurs locaux, notamment Sosucam, confronté à des aléas climatiques, à la hausse des coûts de production et à des pertes de superficies agricoles. Malgré ces contraintes, les exportations progressent, révélant une capacité d’adaptation des industriels.
Le segment des pâtes alimentaires enregistre également une performance remarquable. Les exportations ont franchi le cap symbolique du milliard de FCFA, soutenues par une hausse significative des volumes expédiés. Cette dynamique intervient dans un contexte de forte volatilité du marché mondial du blé, principal intrant de production, influencé par les fluctuations géopolitiques et climatiques.
Les acteurs de la minoterie, dont SGMC désormais intégrée à de nouveaux groupes industriels locaux, participent à cette montée en puissance. Les exportations restent cependant concentrées vers les marchés régionaux, notamment ceux de la zone CEMAC et le Nigeria, qui absorbent l’essentiel des produits agro-transformés camerounais.
Selon la Banque mondiale, la transformation agroalimentaire constitue un levier essentiel pour les économies africaines en quête de diversification. Le cas camerounais illustre cette tendance, même si la part du pays dans le commerce mondial reste encore limitée.
Ainsi, malgré un environnement international instable, les exportateurs camerounais parviennent à optimiser leurs chaînes de valeur et à renforcer leur présence sur les marchés régionaux. Cette dynamique confirme une transition progressive vers une industrie agroalimentaire plus structurée, capable de soutenir durablement les recettes d’exportation.



