Une nouvelle séquence s’ouvre dans le processus de cession de Chococam. Selon des informations récentes, la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a officiellement lancé une enquête sur l’opération de rachat envisagée par Minkama Capital. Cette procédure, classique dans les opérations de concentration, vise à évaluer les impacts potentiels de la transaction sur la concurrence dans la sous-région.
Ce contrôle intervient alors que l’opération, annoncée depuis fin 2025, prévoit la reprise de la participation majoritaire de 74,69 % détenue par le groupe sud-africain Tiger Brands dans la société camerounaise de chocolaterie et de confiserie. L’acquisition, soutenue financièrement par un consortium bancaire incluant BGFIBank, pourrait être finalisée au second semestre 2026, sous réserve de l’approbation des autorités compétentes.
Entreprise emblématique du tissu industriel camerounais, Chococam, fondée en 1967 et basée à Douala, s’est imposée comme un acteur clé de la transformation du cacao et de la confiserie en Afrique centrale. Ses produits, largement diffusés dans la sous-région, contribuent à structurer un marché en croissance, porté par une demande soutenue en produits alimentaires transformés.
L’enjeu de cette opération dépasse le simple changement d’actionnariat. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de repositionnement stratégique de Tiger Brands, qui a engagé un recentrage de ses activités pour optimiser son portefeuille d’actifs à l’échelle africaine. Ce désengagement ouvre ainsi la voie à une reprise par des investisseurs africains, illustrant une tendance croissante à la relocalisation du capital sur le continent.
Pour Minkama Capital, cette acquisition représente une opportunité majeure de s’ancrer dans un segment agro-industriel à fort potentiel. Le marché régional des produits issus du cacao et des confiseries bénéficie en effet d’une demande structurelle en hausse, alimentée par la croissance démographique et l’urbanisation accélérée. Dans ce contexte, le contrôle de Chococam offrirait au fonds une plateforme industrielle et commerciale déjà opérationnelle, avec des débouchés au Cameroun et dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et centrale.
Toutefois, l’examen engagé par la Commission de la CEMAC pourrait conditionner l’issue de la transaction. L’autorité devra notamment s’assurer que cette prise de contrôle ne porte pas atteinte à la concurrence, notamment en termes de position dominante ou de distorsion de marché. Cette vigilance s’inscrit dans le cadre du renforcement progressif de la régulation économique au sein de la zone CEMAC, où les opérations de fusion-acquisition font désormais l’objet d’un suivi plus rigoureux.
Au-delà des enjeux réglementaires, cette opération reflète les mutations à l’œuvre dans l’agro-industrie régionale. Entre retrait d’acteurs internationaux et montée en puissance d’investisseurs africains, le secteur connaît une recomposition progressive, soutenue par les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Si elle aboutit, la reprise de Chococam par Minkama Capital pourrait ainsi constituer un signal fort pour l’écosystème économique régional : celui d’une consolidation industrielle portée par des capitaux africains, dans un environnement de plus en plus structuré.



