À Libreville, le 17 mars 2026, la Société financière internationale (IFC) et le producteur indépendant Hydroneo ont officialisé un partenariat stratégique pour la réalisation des études du projet hydroélectrique d’Irouba, d’une capacité de 25 MW. L’accord, conclu en marge d’une table ronde organisée par Gabon Power Company (GPC) sous le patronage du vice-président Alexandre Barro Chambrier, marque une avancée concrète dans la volonté du pays de combler son déficit énergétique.
Ce projet s’inscrit dans une dynamique plus large de valorisation des ressources naturelles. Le Gabon dispose en effet d’un potentiel hydroélectrique estimé à plus de 6 000 MW, dont moins de 15 % sont actuellement exploités. Avec une capacité installée oscillant entre 750 et 800 MW, le pays peine encore à répondre à une demande croissante, portée par l’urbanisation rapide et les besoins industriels. Cette pression se traduit par des délestages fréquents, notamment dans la capitale, Libreville.
Selon Samuel Zekri, fondateur d’Hydroneo, l’accord vise à conduire des études techniques, environnementales et sociales afin de préparer une décision finale d’investissement. Le projet d’Irouba fait partie d’un portefeuille de trois infrastructures développées par l’entreprise au Gabon, totalisant 81 MW, incluant également les sites d’Egoumbi (30 MW) et de Boukondzo (26 MW).
Dans l’immédiat, le système électrique gabonais reste sous tension. Le pays, qui compte environ 2,5 millions d’habitants, importe près de 8 MW d’électricité depuis la Guinée équatoriale pour soutenir son réseau. Par ailleurs, la centrale flottante exploitée par Karpowership, avec une capacité de 150 MW, joue un rôle crucial dans l’alimentation de Libreville. Toutefois, des tensions financières persistent, l’opérateur ayant réclamé près de 15 milliards de FCFA pour maintenir ses activités, évoquant un risque d’arrêt en cas de non-paiement.
Pour répondre à ces défis, les autorités gabonaises ont engagé un vaste programme d’investissement énergétique estimé à plus de 900 milliards de FCFA. Piloté par GPC, ce plan ambitionne d’ajouter plus de 700 MW de capacités supplémentaires. Parmi les projets phares figurent les barrages de Kinguélé Aval (35 MW, attendu en 2026), Ngoulmendjim (82 MW) et Booué (400 MW), ainsi que des centrales thermiques à gaz dépassant 130 MW. En parallèle, plus de 300 kilomètres de lignes électriques doivent être déployés pour améliorer la distribution de l’énergie.
Dans ce contexte, le lancement des études du barrage d’Irouba apparaît comme une étape décisive. Au-delà de l’augmentation de la capacité de production, ce projet illustre la volonté du Gabon de sécuriser son approvisionnement énergétique et de réduire sa dépendance aux solutions d’urgence. À terme, le développement de ces infrastructures pourrait contribuer à stabiliser le réseau, soutenir la croissance économique et améliorer les conditions de vie des populations.
Sorelle Ninguem



