La protection et la promotion des droits des jeunes au Cameroun franchissent une nouvelle étape. Le 19 mars, la Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) et le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique (Minjec) ont officialisé leur volonté commune en signant un mémorandum d’entente au sein du département ministériel.
Pour le Pr Mouangue Kobila, président de la CDHC, cet accord marque une avancée significative dans le renforcement des mécanismes de protection des jeunes. Il vise à traduire les normes internationales en initiatives concrètes, en s’appuyant sur une meilleure coordination entre les deux institutions. Cette démarche s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics de faire de la jeunesse une priorité stratégique, conformément aux orientations du président de la République, Paul Biya. Au Cameroun, les 15-45 ans représentent environ 37 % de la population, ce qui souligne l’urgence d’actions ciblées et efficaces.
Avant même la signature de ce partenariat, les deux structures collaboraient déjà sur plusieurs fronts. Le Minjec, grâce à sa proximité avec les jeunes, joue un rôle déterminant dans la promotion de l’éducation civique, de l’intégration nationale et de l’autonomisation. De son côté, la CDHC, en tant qu’institution nationale indépendante, œuvre à la promotion et à la protection des droits humains, tout en veillant à la prévention de la torture, notamment dans les lieux de privation de liberté.
L’institution traite régulièrement des requêtes impliquant des jeunes et effectue des visites de terrain afin de garantir le respect de leur dignité. Elle a également mis en place un point focal dédié à la jeunesse et intensifié les campagnes de sensibilisation dans les milieux scolaires et universitaires. Ces initiatives visent à prévenir les violences, la consommation de stupéfiants, les discriminations ainsi que les discours haineux. À ce jour, 696 clubs des droits de l’homme ont été créés dans les établissements éducatifs à travers le pays.
Par ailleurs, la CDHC participe activement aux grandes rencontres nationales et internationales consacrées à la jeunesse et aux droits humains. Elle s’est notamment illustrée lors de la conférence internationale sur l’écocitoyenneté en 2024 et à la 60e session du Conseil des droits de l’homme, où la contribution des jeunes à la consolidation de la paix a été mise en avant.
Le Minjec, dirigé par Mounouna Foutsou, a pour sa part impliqué la Commission dans plusieurs initiatives majeures, telles que la célébration de la Journée internationale de la paix, le Forum national de la jeunesse ou encore la foire du village de la jeunesse.
Avec ce mémorandum d’entente, les deux institutions entendent désormais mutualiser leurs ressources et harmoniser leurs actions. L’objectif est clair : mieux répondre aux défis auxquels fait face la jeunesse camerounaise et renforcer son rôle dans le développement et la consolidation de la paix.
Yahaya Idrissou



