Stéphane Descazeaud, DG de la Société Anonyme des Boissons du Cameroun (SABC)
(LVDE) — La Société Anonyme des Boissons du Cameroun (SABC) se distingue comme la première entreprise de la zone CEMAC dans le classement 2026 des 500 champions africains publié par Jeune Afrique Media Group. Avec un chiffre d’affaires supérieur à 1,2 milliard de dollars, l’entreprise agro-industrielle camerounaise devance les autres groupes d’Afrique centrale, dans un palmarès dominé par les sociétés sud-africaines, nigérianes et marocaines.
La dernière édition du classement des 500 plus grandes entreprises africaines, établie chaque année par Jeune Afrique Media Group sur la base du chiffre d’affaires des sociétés hors secteur financier, confirme que la sous-région Afrique centrale reste peu représentée parmi les mastodontes économiques du continent. Sur le palmarès 2026, seules quelques sociétés issues de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) figurent parmi les grandes entreprises africaines, tandis que l’Afrique du Sud, le Nigeria et le Maroc dominent largement la liste.
Au sein de la zone CEMAC, la SABC s’impose en tête. Filiale du groupe Castel, l’entreprise camerounaise spécialisée dans les boissons enregistre un chiffre d’affaires de 1,239 milliard de dollars, soit près de 743 milliards de FCFA. Cette performance souligne la solidité de l’industrie brassicole et agroalimentaire au Cameroun, qui reste un moteur industriel clé de la sous-région.
Derrière la SABC, plusieurs entreprises de la zone apparaissent dans le classement. Dans le secteur des hydrocarbures, la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) occupe la 138ᵉ place avec 1,176 milliard de dollars de chiffre d’affaires, soit environ 650 milliards de FCFA, et un bénéfice d’environ 34 millions de dollars. Le Gabon est représenté par des sociétés stratégiques telles que la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), spécialisée dans le manganèse, avec 1,142 milliard de dollars de revenus et 62 millions de dollars de bénéfice, ainsi que la Société gabonaise de raffinage (Sogara) et la Gabon Oil Company, bras pétrolier de l’État.
Le Cameroun reste toutefois le pays le plus présent de la CEMAC, avec six entreprises dans le palmarès. Outre la SABC, on retrouve Eneo Cameroon (secteur électrique, 697 millions de dollars de revenus), Tradex (distribution de produits pétroliers, 584 millions de dollars) et les filiales locales de groupes internationaux en télécommunications : MTN Cameroon (620 millions de dollars) et Orange Cameroun (588 millions de dollars, bénéfice 59 millions).
L’analyse du classement révèle une concentration géographique marquée : Cameroun (6 entreprises), Gabon (3), Congo (1), tandis que le Tchad, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale sont absents, soulignant la faiblesse du tissu industriel dans ces économies. Au total, le chiffre d’affaires cumulé des sociétés CEMAC présentes atteint 16,9 milliards de dollars, soit plus de 10 300 milliards de FCFA.
Pour les analystes, cette faible représentation s’explique par des facteurs structurels : marchés intérieurs restreints, industrialisation limitée et forte dépendance aux exportations de matières premières. Le développement de chaînes de valeur locales et une meilleure intégration régionale sont identifiés comme des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité des entreprises de la CEMAC et leur visibilité dans les classements africains.
Sorelle Chouente



