(LVDE) — Une nouvelle étape s’ouvre dans la modernisation du principal hub maritime du Cameroun. La Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS) et l’entreprise Innovendi Data Technologies and Communication Ltd ont conclu un accord stratégique destiné à financer la transformation numérique du Port de Douala-Bonabéri. Le projet, évalué à 87 milliards FCFA sur vingt-cinq ans, vise à déployer une infrastructure portuaire intelligente intégrant des technologies avancées pour améliorer la performance logistique et la gestion des flux commerciaux.
Le processus de modernisation du Port de Douala-Bonabéri franchit une nouvelle phase avec la signature d’un protocole d’entente stratégique entre la Caisse nationale de prévoyance sociale et la société Innovendi Data Technologies and Communication Ltd. L’accord, officialisé à Yaoundé le 4 mars 2026, prévoit la mobilisation d’un investissement estimé à 87 milliards de francs CFA étalé sur une période de vingt-cinq ans afin de transformer le port de Douala-Bonabéri en plateforme portuaire intelligente.
Ce projet technologique s’inscrit dans la continuité d’une convention de concession de type BOT (Build, Operate, Transfer) signée le 17 novembre 2025 entre l’autorité portuaire et Innovendi. Ce modèle contractuel confie à l’opérateur la responsabilité de concevoir, exploiter puis transférer à terme les infrastructures numériques développées dans le cadre du programme. L’initiative vise à moderniser les procédures logistiques et à introduire des systèmes automatisés capables d’optimiser la gestion des flux de marchandises.
Concrètement, la plateforme Smart Port prévue pour le combinat portuaire de Douala-Bonabéri reposera sur plusieurs technologies innovantes. L’intégration de l’intelligence artificielle permettra d’analyser en temps réel les mouvements de marchandises et de navires, tandis que l’Internet des objets facilitera la collecte de données grâce à des capteurs connectés installés dans les zones logistiques. Des outils de gestion automatisée devraient également améliorer la coordination entre les différents acteurs portuaires, notamment les transitaires, les opérateurs logistiques et les autorités douanières.
L’entrée de la CNPS dans ce projet constitue un élément déterminant pour la structuration du financement. En tant qu’institution gestionnaire des cotisations sociales de plusieurs millions de travailleurs camerounais, elle joue un rôle croissant dans le financement de projets d’infrastructures jugés stratégiques pour l’économie nationale. Sa participation apporte au projet la crédibilité d’un investisseur institutionnel disposant d’une capacité d’engagement à long terme.
Le port de Douala-Bonabéri demeure la principale porte d’entrée maritime du Cameroun et un point de transit essentiel pour plusieurs pays d’Afrique centrale. Selon les données de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), plus de 80 % du commerce mondial s’effectue par voie maritime, ce qui confère aux infrastructures portuaires un rôle déterminant dans la compétitivité économique des États. Au Cameroun, plusieurs millions de tonnes de marchandises transitent chaque année par le port de Douala, notamment les importations destinées au Tchad et à la République centrafricaine.
Dans un contexte de concurrence accrue entre les plateformes portuaires africaines, la digitalisation des infrastructures devient un facteur clé d’efficacité et d’attractivité. Les ports qui adoptent des solutions numériques avancées parviennent généralement à réduire les délais d’escale, améliorer la transparence des opérations et optimiser la circulation des marchandises.
La transformation du Port de Douala-Bonabéri en Smart Port pourrait ainsi contribuer à renforcer le positionnement du Cameroun comme hub logistique régional. En combinant investissements technologiques et partenariats institutionnels, ce projet ambitionne de créer un écosystème portuaire moderne capable de répondre aux exigences croissantes du commerce international et d’accompagner la dynamique de croissance économique de la sous-région.
Anatole Bidias



