(LVDE) — Face à la dégradation progressive de l’un des principaux corridors économiques du Cameroun, les autorités renforcent leur stratégie d’entretien des infrastructures routières. Le ministère des Travaux publics a annoncé un budget de 298 millions FCFA destiné au plan de gestion environnementale et sociale du projet de réhabilitation de la route Douala–Yaoundé, axe vital reliant le centre administratif du pays à son principal pôle économique et logistique.
À Yaoundé, les services techniques du ministère des Travaux publics poursuivent la mise en œuvre du programme de modernisation de la route nationale N3, corridor stratégique long de 230 kilomètres reliant la capitale politique au principal port maritime du Cameroun. Ce projet s’inscrit dans la volonté des pouvoirs publics d’améliorer la fluidité des échanges commerciaux, alors que plus de 80 % du commerce extérieur du pays transite par le port autonome de Douala, selon les données économiques nationales.
Le Plan de gestion environnementale et sociale (PGES), évalué à 298 millions FCFA, vise à limiter les impacts écologiques et sociaux liés aux travaux. Les études techniques ont mis en évidence une forte dégradation de la chaussée, des systèmes de drainage insuffisants ainsi que des problèmes de sécurité routière, notamment la faible visibilité nocturne, la présence de points accidentogènes et la forte cohabitation entre véhicules lourds et usagers vulnérables. Les spécialistes indiquent que les fortes pluies et les phénomènes d’érosion accélèrent l’usure de cette route construite dans les années 1980.
Le trafic sur cet axe reste particulièrement dense, avec près de 40 % de poids lourds circulant quotidiennement entre Douala, Yaoundé et les pays de l’hinterland comme le Tchad ou la République centrafricaine. Cette pression logistique explique la dégradation rapide de l’infrastructure et la nécessité d’une remise à niveau progressive. Les experts rappellent que l’amélioration des routes constitue un facteur clé de compétitivité économique en Afrique subsaharienne, selon les analyses de la Banque mondiale.
Le financement global du projet pourrait associer plusieurs partenaires internationaux, notamment la Banque islamique de développement, l’Agence française de développement et la Banque mondiale. Ces institutions soutiennent régulièrement les projets d’infrastructures en Afrique centrale afin de favoriser l’intégration régionale et la croissance des échanges commerciaux. Le gouvernement camerounais mise également sur le développement du port en eau profonde de Kribi pour renforcer sa position de hub logistique régional.
Sur le plan technique, les travaux prévoient le maintien d’une route bidirectionnelle avec des élargissements ponctuels pour améliorer la fluidité du trafic et réduire les risques d’accidents. Cette approche s’inscrit dans une vision à long terme articulée autour de la mise en service progressive de l’autoroute Yaoundé–Douala, appelée à absorber une partie du trafic routier national. La durée de vie projetée de la route réhabilitée est estimée à 20 ans, répartie entre deux phases d’exploitation du réseau routier national.
Raphael Mforlem



