Cyrus Ngo’o, DG du Port Autonome de Douala
(LVDE) — Le Port autonome de Douala engage une réorganisation majeure des opérations de contrôle par scanner. Sur instruction du gouvernement, le directeur général Cyrus Ngo’o a décidé de limiter les activités de Transatlantic D. S.A., réaffirmant le rôle de la Société Générale de Surveillance dans l’inspection des flux conteneurisés.
Le 16 février 2026 marque un tournant dans la gestion du scanning au Port de Douala-Bonabéri. Par correspondance officielle, le directeur général du Port autonome de Douala, Cyrus Ngo’o, a notifié à Transatlantic D. S.A. la suspension partielle de ses activités liées au contrôle des conteneurs. La décision fait suite aux directives du Premier ministre, relayées par le ministre des Finances dans une lettre datée du 13 février 2026.
Au cœur du différend figure l’application des clauses contractuelles encadrant l’inspection par scanner, notamment celles liant l’État du Cameroun à la Société Générale de Surveillance (SGS). Les autorités estiment que l’éviction de la SGS de certains sites d’opération contrevenait aux stipulations du Contrat d’Inspection par Scanner (CIS), instrument clé dans la sécurisation des recettes douanières.
Concrètement, Transatlantic est désormais exclue de l’inspection des flux conteneurisés. Ses interventions se limitent au contrôle du vrac solide non conteneurisé, des véhicules et des conteneurs hors gabarit. Ce redéploiement vise à clarifier les compétences et à mettre fin à une situation qualifiée de préjudiciable pour l’économie nationale. Selon des données de la Banque mondiale, près de 80 % du commerce extérieur camerounais transite par le port de Douala, ce qui en fait un maillon stratégique pour la mobilisation des recettes budgétaires.
Les autorités financières redoutaient un impact négatif sur la collecte douanière et la fluidité des échanges. En 2024, les recettes douanières représentaient une part significative des ressources internes de l’État, renforçant l’importance d’un dispositif de contrôle efficace et conforme aux contrats en vigueur. L’inspection par scanner constitue un outil central dans la lutte contre la fraude, la sous-déclaration et les importations illicites.
Pour assurer la transition, le PAD a mobilisé ses équipes techniques, notamment le conseiller technique et le commandant du port, chargés de coordonner la mise en œuvre des nouvelles orientations. L’objectif affiché est d’éviter toute rupture de service susceptible d’affecter les opérateurs économiques.
Au-delà du bras de fer contractuel, cette décision révèle les enjeux sensibles liés à la gouvernance portuaire. Dans un contexte de modernisation des infrastructures et d’intensification des flux commerciaux en Afrique centrale, la stabilité du dispositif de scanning apparaît déterminante pour la crédibilité du corridor douanier camerounais.
Raphael Mforlem



