Signature de la convention de partenariat entre AD Ports Group et Africa Ports Development pour la concession d’un terminal de vrac sec au Port de Douala
(LVDE) – Un nouveau projet d’infrastructure portuaire d’envergure se profile sur les rives du Wouri. L’opérateur émirati AD Ports Group rejoint Africa Ports Development dans la concession d’un terminal de vrac sec au Port Autonome de Douala. L’installation, prévue entre 2026 et 2028, doit accroître les capacités logistiques du Cameroun et consolider sa position de hub pour l’Afrique centrale.
Sur les quais du principal port maritime camerounais, l’annonce a rapidement circulé parmi les transitaires et opérateurs logistiques. Au cœur du projet, la construction d’un terminal spécialisé capable de traiter environ 4 millions de tonnes de marchandises par an. Clinker, gypse, céréales ou encore engrais devraient désormais bénéficier d’installations dédiées, alors que la croissance du trafic vrac exerce une pression continue sur les infrastructures existantes.
L’accord prévoit une société d’exploitation contrôlée à 60 % par des investisseurs des Émirats arabes unis, dont AD Ports Group, contre 40 % pour Africa Ports Development. La participation économique directe de l’opérateur émirati atteint 51 %, pour un investissement initial estimé à près de 320 millions de dirhams, soit environ 73 millions d’euros. Cette première phase comprend deux postes d’amarrage et près de 450 mètres de quai.
Selon les données portuaires récentes, le port de Douala-Bonabéri concentre l’essentiel du commerce maritime camerounais et dessert également le Tchad et la République centrafricaine. Plus de 90 % des importations du pays transitent par cette plateforme, dont plusieurs millions de tonnes de produits en vrac destinés aux industries du ciment, de l’agro-alimentaire et de la construction. L’augmentation régulière de ces flux explique l’accélération des projets de modernisation.
Pour Mohamed Eidha Al Menhali, responsable régional d’AD Ports Group, cette implantation constitue une étape stratégique dans l’expansion africaine du groupe. L’entreprise, déjà présente en Égypte, au Maroc, en Tanzanie ou en Angola, entend soutenir les économies à forte croissance en renforçant leurs chaînes logistiques. Du côté d’Africa Ports Development, les dirigeants évoquent une complémentarité entre expertise locale et standards internationaux d’exploitation portuaire.
Le calendrier prévoit un démarrage des travaux en 2026 pour une mise en service progressive à l’horizon 2028. L’Autorité portuaire camerounaise y voit un levier pour fluidifier les opérations et réduire les coûts logistiques, régulièrement pointés par les entreprises comme un frein à la compétitivité. Des analyses de la Banque mondiale et de la BAD soulignent en effet que les coûts de transport en Afrique centrale restent supérieurs de 30 à 50 % à la moyenne mondiale, notamment en raison de contraintes portuaires.
Au-delà de l’outil industriel, l’enjeu est régional. Grâce à ses corridors routiers et ferroviaires, Douala demeure la principale porte maritime pour plusieurs États enclavés. L’extension de la capacité vrac devrait ainsi soutenir l’approvisionnement en matériaux de construction et en produits agricoles tout en accompagnant la croissance démographique et urbaine.
Ce partenariat illustre enfin une tendance plus large : l’intérêt croissant d’investisseurs du Golfe pour les infrastructures africaines. Entre besoins logistiques élevés et perspectives de croissance du commerce intra-africain, le projet de terminal sec apparaît comme une nouvelle étape dans la transformation progressive du port camerounais en plateforme multimodale moderne.
Raphael Mforlem



