Echange entre le Minee et l’un des responsable du Groupe MTN, lors du 23e Congres de l'AAEA
(LVDE) – Présent au 23e Congrès international et exposition de l’Association africaine de l’eau et de l’assainissement, l’opérateur de télécommunications propose des compteurs intelligents connectés au mobile money afin d’améliorer la facturation, limiter les pertes et renforcer l’accès durable à l’eau potable en Afrique.
Dans les allées du 23e Congrès international et exposition de l’AAEA, la technologie s’invite au cœur des politiques hydriques. Le groupe MTN Group y a dévoilé une solution numérique destinée à transformer la gestion de la distribution d’eau potable. Après l’expérience menée dans l’énergie, l’entreprise applique désormais ses outils digitaux au secteur hydraulique avec des compteurs intelligents connectés à ses services financiers mobiles.
Le dispositif repose sur un système de mesure automatisée capable de transmettre en temps réel les volumes consommés. L’usager peut consulter sa consommation quotidienne et régler sa facture via MTN Cameroon Mobile Money à partir d’un simple code USSD. L’opérateur promet ainsi une facturation plus lisible, la suppression des estimations contestées et une réduction des litiges entre abonnés et distributeurs.
Pour les autorités publiques, l’enjeu est majeur. Selon la Banque mondiale, près de 40 % de l’eau produite en Afrique subsaharienne n’est jamais facturée en raison des fuites, fraudes ou défaillances de comptage. Au Cameroun, les pertes techniques et commerciales restent élevées malgré les efforts de modernisation. Les compteurs communicants doivent permettre de suivre la consommation au jour le jour et de détecter rapidement les anomalies sur le réseau.
L’entreprise indique attendre un appel d’offres portant sur environ 40 000 équipements afin de déployer le système à grande échelle. Le modèle envisagé inclut le prépaiement, déjà familier pour les abonnés d’électricité, afin d’adapter l’usage aux capacités financières des ménages. Une approche qui vise aussi à améliorer la trésorerie des exploitants et à réduire les impayés.
Au-delà du paiement, la solution s’appuie sur l’Internet des objets pour collecter des données utiles à la planification. Les opérateurs hydrauliques pourraient anticiper les pics de demande, ajuster la pression et localiser plus rapidement les pertes. L’opérateur estime que cette digitalisation peut contribuer à la souveraineté hydrique, en optimisant la production et en limitant le gaspillage dans un contexte d’urbanisation rapide.
Déjà testée en Afrique du Sud et en Ouganda, la technologie s’inscrit dans l’objectif continental d’accès universel à l’eau potable. L’AAEA rappelle que plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à un service d’eau sécurisé. Pour les participants, la modernisation passera autant par les infrastructures que par la donnée et la connectivité.
En filigrane, le secteur des télécommunications confirme sa diversification vers les services publics. Pour les experts présents, la convergence entre opérateurs numériques et gestionnaires d’eau pourrait accélérer la transparence tarifaire et la confiance des consommateurs, tout en facilitant l’extension du service dans les zones reculées.
Raphael Mforlem



