(LVDE) — La Société de développement du coton renforce son dispositif qualité en s’appuyant sur l’expertise scientifique du Centre Pasteur du Cameroun. L’accord signé à Yaoundé élargit la coopération aux contrôles microbiologiques et physico-chimiques des huiles alimentaires et des ressources en eau utilisées dans ses sites industriels, avec en toile de fond des enjeux sanitaires, environnementaux et commerciaux.
À Yaoundé, la signature intervenue le 16 février marque une nouvelle étape dans la stratégie de sécurisation sanitaire de la Société de développement du coton (Sodecoton). L’entreprise agro-industrielle a décidé d’externaliser une partie de ses contrôles en confiant au Centre Pasteur du Cameroun l’évaluation biologique de ses produits et de ses ressources hydriques. Une évolution qui intervient dans un contexte de renforcement des normes alimentaires et de traçabilité au sein des filières agricoles africaines.
Dans la zone cotonnière du Nord, l’entreprise suit près d’une centaine de points d’eau destinés aux employés et aux activités industrielles. À ces infrastructures s’ajoutent plusieurs huileries où les graines issues de la transformation du coton sont valorisées en huile végétale destinée au marché local. Pour la direction générale, l’objectif est d’éviter toute contamination et de garantir la conformité sanitaire des produits mis en vente.
Le Centre Pasteur mobilisera ses laboratoires d’hygiène et d’environnement pour effectuer des analyses microbiologiques, biochimiques et physico-chimiques avant commercialisation. Les tests devront notamment vérifier la composition, la stabilité et l’innocuité des huiles alimentaires. L’établissement scientifique assurera également le contrôle de la qualité de l’eau sur dix sites majeurs et une quarantaine de sites secondaires. Selon les données internes consultées, une campagne d’analyses hydriques peut atteindre 3,2 millions de FCFA.
Jusqu’ici, la Sodecoton disposait de ses propres unités d’examen au sein des huileries, mais la direction estime que les exigences actuelles imposent une validation indépendante. L’entreprise cherche ainsi à consolider ses certifications et à maintenir ses standards internationaux, notamment dans la perspective de préserver sa crédibilité commerciale. La démarche s’inscrit aussi dans sa politique de responsabilité sociétale, alors que 75 % des examens biomédicaux du personnel sont déjà pris en charge par la société.
Acteur majeur de l’économie du Nord Cameroun, la Sodecoton encadre des milliers de producteurs et valorise localement les graines après exportation de la fibre. Dans un marché de plus en plus attentif à la sécurité alimentaire, la collaboration avec un institut scientifique reconnu apparaît comme un levier de confiance pour les consommateurs et les partenaires commerciaux.
Amelie Yandal



