23ᵉ CONGRÈS DE L’AAEA a Yaoundé
(LVDE) – Après quatre jours de réflexions et d’échanges techniques, le 23ᵉ Congrès International de l’Association africaine de l’Eau et de l’Assainissement (AAEA) s’est clos à Yaoundé, mettant l’accent sur le passage de la parole aux actes pour accélérer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement en Afrique.
Yaoundé a vibré au rythme du secteur de l’eau et de l’assainissement du 10 au 13 février 2025, lors de la 23ᵉ édition du Congrès international de l’AAEA. Décideurs publics, opérateurs, chercheurs, partenaires techniques et financiers, jeunes leaders et femmes se sont retrouvés autour d’un objectif commun : mettre en œuvre des solutions durables pour garantir l’accès universel à l’eau potable et aux services d’assainissement.
La cérémonie de clôture a marqué un tournant symbolique, du temps du dialogue à celui de l’action. Dans son allocution, le président de l’AAEA, Dr Blaise Moussa, a insisté sur la responsabilité collective des États et des acteurs du secteur : « Le Congrès de Yaoundé n’est pas une fin en soi, mais un point de départ ». Ses propos ont résonné comme un appel à traduire les recommandations en politiques concrètes et en investissements tangibles.
L’innovation technologique a occupé une place centrale. Wanda Matandela, Directeur général de MTN, a présenté le rôle croissant des solutions digitales pour moderniser les services d’eau et d’assainissement. Connectivité, digitalisation des réseaux et valorisation des données ont été identifiées comme des leviers essentiels pour améliorer la performance des opérateurs, renforcer la transparence et étendre l’accès aux zones isolées. MTN, déjà actif dans plusieurs pays africains comme l’Ouganda et l’Afrique du Sud, se positionne comme un partenaire stratégique capable de soutenir la souveraineté hydrique et la gestion intelligente des infrastructures.
Les discussions ont permis de dégager plusieurs priorités : sécuriser durablement la ressource en eau, améliorer l’efficacité des services publics, considérer l’assainissement comme un pilier du développement, mobiliser des financements innovants et accélérer la transformation numérique du secteur. L’exposition parallèle a été l’occasion de rapprocher innovation et expertise, en facilitant la création de partenariats régionaux et continentaux.
Sur le plan politique, les interventions ministérielles ont renforcé l’importance stratégique du Congrès. Le Ministre tchadien de l’Eau, Passalé Kanabé Marcelin, a salué l’AAEA comme cadre de coopération face aux défis climatiques et démographiques. Le Camerounais Gaston Eloundou Essomba a rappelé que « l’Afrique est entrée dans le temps de l’action », appelant à transformer les engagements en investissements structurants et services durables.
Un moment symbolique a marqué le passage de flambeau entre le Cameroun et le Sénégal, futur pays hôte de la 24ᵉ édition en février 2028. Cette transmission a illustré l’unité africaine et la continuité institutionnelle de l’AAEA, tout en donnant le signal d’une nouvelle dynamique continentale pour l’eau et l’assainissement.
En clôturant ces quatre jours, les participants sont repartis convaincus que l’Afrique dispose désormais d’une vision claire, d’une expertise consolidée et d’une volonté politique affirmée pour accélérer la transformation du secteur. Yaoundé n’a pas marqué une conclusion, mais bien le lancement d’une ère nouvelle où le temps du dialogue laisse place à celui de l’action concrète.
Raphael Mforlem



