(LVDE) — Après une période marquée par des performances mitigées et des défis opérationnels, La Société industrielle camerounaise des cacaos (Sic Cacaos), filiale du géant suisse Barry Callebaut, renforce sa solidité financière en triplant son capital à 6,8 milliards FCFA. Cette recapitalisation pourrait relancer les investissements et consolider sa position dans un marché du cacao en pleine mutation.
La Société industrielle camerounaise des cacaos (Sic Cacaos), franchit un nouveau cap stratégique. La filiale camerounaise du groupe suisse Barry Callebaut a officiellement porté son capital social à 6,8 milliards FCFA, soit un triplement de sa valeur initiale. Cette décision intervient après deux années difficiles marquées par une baisse de production et des contraintes logistiques qui ont impacté la performance de l’entreprise sur le marché local et régional.
Le cacao, cœur de métier de Sic Cacaos, reste un secteur vital pour l’économie camerounaise, représentant environ 200 milliards FCFA de valeur annuelle dans la transformation et l’exportation, selon les données du ministère de l’Agriculture et du Développement rural. Pourtant, l’activité de broyage a souffert de coûts de matières premières en hausse et de perturbations liées aux chaînes logistiques internationales. Cette recapitalisation apparaît donc comme une réponse directe à ces enjeux, offrant à la société une marge de manœuvre accrue pour moderniser ses installations et sécuriser ses approvisionnements.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège de l’entreprise à Douala, le directeur général, Jean-Paul Mbarga, a précisé que les fonds nouvellement mobilisés permettront de renforcer les capacités industrielles et d’investir dans des technologies de production plus efficaces et durables. « Notre objectif est de consolider notre position sur le marché national, tout en explorant de nouvelles opportunités d’exportation dans la sous-région. Nous voulons offrir aux producteurs locaux des solutions de transformation de qualité supérieure et contribuer à la stabilité de la filière cacao », a-t-il indiqué.
Le marché du cacao camerounais est en pleine recomposition. Après des années de domination par quelques acteurs majeurs, des filiales internationales comme Sic Cacaos cherchent à renforcer leur ancrage local pour rester compétitives. L’investissement dans la modernisation des broyeurs et dans l’optimisation de la chaîne de valeur pourrait également stimuler la production nationale et réduire la dépendance aux importations de pâte et de beurre de cacao.
Selon les experts du secteur, cette recapitalisation intervient à un moment stratégique où la demande mondiale en produits chocolatés de qualité croît, particulièrement en Europe et en Asie. Sic Cacaos vise ainsi à aligner sa production sur les standards internationaux, tout en maintenant un impact positif sur l’économie locale et les centaines de petits producteurs qui approvisionnent l’entreprise.
L’initiative de Barry Callebaut de soutenir sa filiale camerounaise montre une confiance renouvelée dans le potentiel du pays comme hub régional de transformation du cacao. Les prochains mois seront cruciaux pour observer si cette injection de capital permettra à Sic Cacaos de surmonter les difficultés passées, d’augmenter sa capacité de production et de renforcer sa compétitivité sur un marché africain de plus en plus dynamique.
Cette décision pourrait également inspirer d’autres investisseurs étrangers à réévaluer leurs engagements en Afrique centrale, en particulier dans les filières agricoles et agroalimentaires où la valeur ajoutée locale reste encore à exploiter pleinement. Amelie Yandal



