(LVDE) — Prévue depuis décembre 2024, l’acquisition de l’intégralité du capital de Bidvest Bank par le groupe nigérian Access Bank n’a pas pu aboutir, faute de conditions réglementaires remplies dans les délais. Cet échec constitue un revers pour l’ambition d’expansion pan‑africaine de la banque, qui dit toutefois rester attachée au marché sud‑africain.
C’est un revers inattendu pour Access Bank Plc, l’un des piliers du secteur bancaire africain. Après plus d’un an de négociations et d’efforts conjoints, la tentative de rachat à 100 % de Bidvest Bank Limited, une institution financière d’Afrique du Sud, s’est effondrée le 26 janvier 2026, date d’expiration du délai contractuel fixé pour la réalisation de l’opération.
Signée le 12 décembre 2024 entre Access Holdings Plc — maison mère du groupe nigérian — et Bidvest Group, la transaction devait marquer une étape majeure dans la stratégie d’expansion d’Access Bank à travers l’Afrique. Sur le papier, l’opération, estimée à plusieurs milliards de rands sud‑africains, offrait à la première banque nigériane un portail vers le marché sud‑africain, réputé strictement régulé et très concurrentiel.
Pourtant, malgré des mois de discussions et de démarches préparatoires, certains prérequis essentiels n’ont pas été satisfaits à temps, notamment les approbations réglementaires requises de part et d’autre. Le contrat prévoyait que toutes ces conditions soient réunies avant le 26 janvier 2026, mais elles ne l’ont pas été, conduisant à l’extinction automatique de l’accord sans conclusion définitive.
Dans sa communication officielle, Access Holdings a précisé que ce n’était pas un changement de stratégie qui avait conduit à cet échec, mais bien la complexité des processus réglementaires impliquant plusieurs juridictions. Les autorités financières de plusieurs pays doivent donner leur aval pour ce genre de transaction transfrontalière, ce qui implique la coordination des banques centrales, des autorités de la concurrence et des superviseurs bancaires.
Pour Access Bank, présente dans plus de 20 pays africains et forte de plus de 60 millions de clients, ce revers pèse avant tout sur sa feuille de route continentale. La banque a néanmoins réaffirmé sa confiance dans le marché sud‑africain et son intention de continuer à explorer des opportunités de croissance, que ce soit via d’autres acquisitions ou par le renforcement de ses activités déjà existantes.
Du côté de Bidvest Group, la décision de clore la transaction ne signifie pas pour autant une fin de son projet de désengagement du secteur financier. L’entreprise a relancé le processus de vente de sa filiale bancaire, espérant trouver un acheteur capable de satisfaire à toutes les conditions réglementaires dans un délai raisonnable.
L’échec de cette opération met en lumière les défis auxquels font face les grandes banques africaines lorsqu’elles tentent de s’étendre au‑delà de leurs frontières. Les acquisitions transfrontalières, bien qu’attrayantes pour renforcer les parts de marché et diversifier les activités, s’accompagnent de contraintes juridiques et réglementaires strictes, particulièrement dans des pays comme l’Afrique du Sud où la régulation bancaire est considérée comme l’une des plus rigoureuses du continent.
Dans un contexte où les acteurs financiers multiplient les initiatives pour renforcer l’intégration financière africaine, ce dossier est un rappel que l’intégration passe autant par la conformité réglementaire que par la volonté stratégique. Access Bank, malgré ce revers, demeure positionnée pour poursuivre ses ambitions, alors que les autorités sud‑africaines et les potentiels futurs acquéreurs restent engagés dans une redéfinition du paysage bancaire local.
Sorelle Ninguem



