(LVDE) — À la veille de la séparation annoncée entre Ernst & Young et ses onze bureaux d’Afrique francophone subsaharienne, une nouvelle cartographie du conseil et de l’audit se dessine. Deux entités indépendantes, Eritedge et Elyos, émergent pour reprendre les activités du cabinet britannique dans la région, ouvrant un nouveau chapitre pour le marché des services professionnels en Afrique.
Le paysage de l’audit et du conseil en Afrique francophone subsaharienne est en pleine recomposition. Après plusieurs mois de discussions internes et de réorganisation stratégique, la cession des activités d’Ernst & Young (EY) dans onze pays de la zone marque un tournant majeur. Cette transition aboutit à la création de deux réseaux panafricains distincts : Eritedge et Elyos, appelés à reprendre les portefeuilles clients et les équipes locales de l’un des membres du prestigieux « Big Four ».
La séparation intervient dans un contexte international où les grands cabinets d’audit sont confrontés à des exigences accrues en matière d’indépendance, de gouvernance et de gestion des risques. En Afrique francophone, les bureaux concernés couvraient des marchés stratégiques, notamment en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest, accompagnant aussi bien des multinationales que des groupes publics et privés locaux.
Selon plusieurs médias économiques spécialisés, cette réorganisation vise à donner davantage d’autonomie aux équipes régionales, tout en assurant la continuité des missions d’audit légal, de conseil financier et d’accompagnement stratégique. Eritedge se positionne comme un réseau centré sur l’audit et l’expertise comptable, tandis qu’Elyos entend développer une offre élargie en matière de conseil, de transformation digitale et d’assistance aux transactions.
Pour les entreprises clientes, l’enjeu principal reste la stabilité. Les dirigeants des nouvelles structures ont assuré que les équipes en place, les méthodologies et les standards professionnels seraient maintenus afin de garantir la qualité des prestations. La transition s’effectue progressivement, sous supervision réglementaire dans chaque juridiction concernée, afin de préserver la conformité aux normes internationales.
Cette évolution reflète également une dynamique plus large d’africanisation des services professionnels. De plus en plus, les cabinets opérant sur le continent cherchent à renforcer leur ancrage local et à adapter leurs offres aux spécificités économiques régionales. L’émergence d’Eritedge et d’Elyos pourrait ainsi favoriser une plus grande agilité stratégique et une meilleure compréhension des marchés nationaux, tout en conservant des partenariats techniques avec des réseaux internationaux.
Pour les observateurs, cette recomposition du secteur pourrait intensifier la concurrence face aux autres géants mondiaux présents en Afrique, tels que Deloitte, PwC et KPMG. Elle intervient à un moment où les économies africaines, engagées dans des programmes de réformes structurelles et de diversification, ont un besoin croissant d’expertise en gouvernance, en conformité et en structuration financière.
La naissance d’Eritedge et d’Elyos symbolise ainsi une nouvelle phase pour le conseil en Afrique francophone : moins dépendante d’une marque globale unique, mais résolument tournée vers une structuration régionale ambitieuse. Les prochains mois seront décisifs pour mesurer la capacité de ces réseaux à s’imposer durablement dans un environnement hautement compétitif.
Tressy Chouente



