(LVDE) — Alors que la saison sèche s’installe et que les producteurs espéraient des prix plus favorables, le kilogramme de fèves de cacao à l’embarquement au port de Douala chute à 1 800–1 950 FCFA. Une baisse qui interpelle producteurs et pouvoirs publics sur les perspectives de la filière pour la campagne 2025-2026.
Douala est redevenue le témoin d’un mouvement baissier des cours du cacao. Le 5 février 2026, le kilogramme de fèves à l’embarquement se négociait entre 1 800 et 1 950 FCFA, selon le Système d’information des filières (SIF), mis en place par l’Office national du cacao et du café (ONCC). Ce recul de 200 à 300 FCFA par rapport aux deux dernières semaines ramène la fève sous la barre symbolique des 2 000 FCFA/kg, un seuil scruté de près par l’ensemble de la chaîne, des planteurs aux exportateurs.
Sur le terrain, la baisse résonne directement dans les bassins de production. Les producteurs, qui espéraient un relèvement des cours avec le retour de la saison sèche depuis décembre 2025, doivent faire face à un marché plus serré que prévu. Habituellement, cette période marque la fin des décotes appliquées par les acheteurs pour couvrir les surcoûts logistiques, notamment liés à l’état des routes en saison de pluies. Cette année, les ajustements attendus n’ont pas suffi à soutenir le prix moyen au planteur.
Le gouvernement, qui table sur des prix oscillant entre 3 200 et 5 400 FCFA/kg pour la campagne 2025-2026, voit ses projections mises à l’épreuve. La tension sur les prix d’achat locaux s’inscrit dans un contexte où le cacao représente désormais un pilier stratégique pour l’économie camerounaise. L’essor du secteur a été fulgurant ces dernières années : en 2022-2023, le kilo pouvait atteindre jusqu’à 6 000 FCFA, et au premier trimestre 2025, le cacao a dépassé les hydrocarbures pour devenir le premier contributeur aux recettes d’exportation du pays, avec 500,3 milliards FCFA, soit 44,8 % des recettes totales selon l’Institut national de la statistique (INS).
Cette situation met en lumière la volatilité de la filière et l’importance d’un suivi régulier des prix. Les acteurs locaux appellent à un dialogue renforcé entre producteurs, exportateurs et pouvoirs publics afin de sécuriser les revenus des planteurs tout en maintenant la compétitivité du cacao camerounais sur les marchés internationaux. La capacité du pays à équilibrer ces paramètres sera déterminante pour la stabilité de la filière et pour la consolidation de ses revenus d’exportation dans les prochains mois.
Sorelle Ninguem



