(LVDE) — Le Cameroun et la Guinée équatoriale ont franchi une étape décisive dans leur coopération énergétique avec la signature de l’accord d’exploitation conjointe du champ gazier transfrontalier Yoyo-Yolanda. Estimé à 2,5 trillions de pieds cubes, ce gisement stratégique, opéré par Chevron, ouvre de nouvelles perspectives pour l’approvisionnement régional et le développement du gaz naturel liquéfié en Afrique centrale.
Réunis autour d’un dossier longtemps attendu, Yaoundé et Malabo ont officialisé leur partenariat sur le champ gazier Yoyo-Yolanda, situé à cheval sur leurs frontières maritimes respectives. L’accord, fruit de plusieurs années de négociations techniques et diplomatiques, fixe le cadre juridique, fiscal et opérationnel de l’exploitation commune de cette ressource estimée à environ 2,5 Tcf de gaz naturel. Pour les deux États, il s’agit d’un signal fort en faveur d’une gestion concertée des ressources transfrontalières, dans un contexte mondial marqué par la recherche de nouvelles sources d’énergie.
L’exploitation du champ sera assurée par Chevron, désigné opérateur du projet. Le groupe pétrolier américain mise sur Yoyo-Yolanda comme un levier clé pour sécuriser l’approvisionnement à long terme en gaz, notamment en alimentant les infrastructures de liquéfaction existantes en Guinée équatoriale. Cette orientation devrait renforcer la position du pays comme hub régional du GNL, tout en offrant au Cameroun une opportunité d’accroître la valorisation de ses ressources gazières offshore.
Au-delà des enjeux énergétiques, l’accord comporte des retombées économiques et financières importantes. Les autorités camerounaises et équato-guinéennes tablent sur des recettes additionnelles pour les finances publiques, la création d’emplois directs et indirects, ainsi qu’un renforcement des capacités techniques locales. Le projet s’inscrit également dans la dynamique de coopération sous-régionale encouragée par la CEEAC, qui promeut l’intégration des marchés énergétiques en Afrique centrale.
Cette avancée intervient alors que les deux pays cherchent à diversifier leurs économies et à optimiser la rentabilité de leurs ressources naturelles face à la volatilité des marchés pétroliers. En sécurisant un cadre commun pour Yoyo-Yolanda, le Cameroun et la Guinée équatoriale posent ainsi les bases d’un partenariat stratégique durable, susceptible de redessiner l’équilibre gazier dans le golfe de Guinée.
Amelie Yandal


