(LVDE) — Au Cameroun, une nouvelle page s’écrit pour la santé des étudiants : les universités publiques, en collaboration avec l’État et un consortium d’assureurs, ont mis en place une couverture médicale “tiers payant” destinée à protéger les jeunes inscrits contre les frais de soins et d’accidents. Le projet, attendu depuis plusieurs années, ambitionne de soulager financièrement les familles et de faciliter l’accès aux soins pour plus de 350 000 étudiants des onze établissements d’État du pays.
C’est dans la salle de réunion du Centre national de supervision du réseau interuniversitaire à Yaoundé que la convention a été officiellement signée fin décembre dernier, marquant le lancement d’un régime inédit d’assurance santé et accident pour les étudiants des universités publiques camerounaises. Ce partenariat réunit le ministère de l’Enseignement supérieur (MINESUP), les 11 universités d’État et un consortium formé par Zenithe Insurance et Lothe Consulting Assurances, chargé de la mise en œuvre du système.
L’enjeu est considérable : dans un pays où les étudiants souffrent souvent de difficultés financières et d’accès aux structures de soins, ce mécanisme doit permettre de soigner sans avance de frais. Concrètement, les étudiants régulièrement inscrits n’auront plus à payer de leur poche les consultations, examens, médicaments ou autres prestations médicales chez les praticiens publics ou dans les centres agréés par l’assurance. Le consortium d’assureurs s’engage à régler directement ces dépenses auprès des hôpitaux et cliniques selon le principe du “tiers payant”, qui élimine le besoin pour le patient d’avancer l’argent avant remboursement.
Pour les familles déjà éprouvées par le coût de la vie étudiante, ce dispositif arrive comme une bouffée d’air. Aux dires de responsables du MINESUP, ce régime a été conçu après près de deux ans de négociations et de préparation, afin de garantir une couverture réellement accessible et complète pour les bénéficiaires. Les autorités insistent notamment sur l’importance de protéger les étudiants contre les imprévus de santé qui, jusqu’à présent, pouvaient mettre en péril leurs études ou peser lourdement sur le budget des ménages.
La mise en œuvre opérationnelle du projet devrait se faire progressivement au début de l’année académique en cours, avec des campagnes d’information prévues sur les campus pour expliquer aux jeunes comment accéder à leurs droits. Des cadres de suivi et d’évaluation ont également été installés pour s’assurer que la couverture fonctionne efficacement et réponde aux besoins réels des étudiants.
Par ailleurs, l’initiative intervient dans un contexte où l’enseignement supérieur public camerounais est en pleine transformation, avec un effectif croissant d’étudiants et des défis persistants en matière d’infrastructures et de services sociaux. Cette nouvelle assurance représente une avancée sociale importante, car elle vise à réduire les obstacles aux soins tout en renforçant la sécurité sanitaire de la communauté estudiantine du pays. ([LinkedIn][4]) Anatole Bidias


