(LVDE) — Le négociant international Avangaz Trading DMCC, basé à Dubaï, affirme avoir franchi une nouvelle étape de son déploiement en Afrique en obtenant un contrat minier stratégique au Cameroun. L’annonce, qui s’accompagne de l’acquisition de trois unités industrielles de traitement de l’or, intervient dans un contexte national marqué par de fortes interrogations sur la traçabilité et la gouvernance du secteur aurifère.
L’information a été rendue publique à travers la communication institutionnelle d’Avangaz Trading DMCC, société de négoce fondée en 2020 aux Émirats arabes unis. L’entreprise indique avoir sécurisé un accord lui permettant d’investir directement dans l’exploitation aurifère au Cameroun, avec une orientation clairement industrielle. Selon le trader, cet engagement s’est traduit par l’acquisition de trois usines modernes de lavage et de concentration de l’or, conçues pour améliorer les performances techniques et la capacité de traitement des concentrés minéraux issus des sites d’exploitation.
Avangaz Trading met en avant un investissement de plusieurs millions de dollars, destiné à renforcer ses opérations sur le terrain, à optimiser les taux de récupération du métal précieux et à sécuriser un approvisionnement régulier en or de qualité. L’entreprise explique que cette stratégie vise un meilleur contrôle de l’ensemble de la chaîne, depuis l’extraction jusqu’au négoce, en intégrant les exigences de qualité, de traçabilité et de transparence généralement attendues sur les marchés internationaux.
Dans sa présentation, le négociant souligne que ce positionnement intégré lui offre un accès direct à la production locale, limite les intermédiaires et améliore la lisibilité des flux. Une approche qui contraste avec les critiques récurrentes adressées au secteur aurifère camerounais, souvent décrit comme fragmenté, faiblement industrialisé et exposé aux pratiques informelles.
L’annonce intervient en effet dans un climat sensible. Depuis plusieurs années, les statistiques officielles sur les exportations d’or du Cameroun sont au cœur de controverses. Des écarts significatifs persistent entre les volumes déclarés par les autorités camerounaises et ceux enregistrés par certains pays importateurs, notamment aux Émirats arabes unis. Ces divergences alimentent les soupçons de sorties non déclarées et de pertes fiscales importantes pour l’État, régulièrement pointées par des mécanismes internationaux de suivi de la gouvernance extractive.
C’est dans ce contexte que l’arrivée annoncée d’un acteur international, revendiquant des standards industriels élevés et une présence dans plus de cinquante pays, est observée avec attention. Avangaz Trading affirme pour sa part poursuivre une stratégie de croissance maîtrisée en Afrique, en s’appuyant sur des investissements lourds et une organisation structurée. Le groupe revendique également une activité diversifiée dans le négoce de matières premières, avec des performances financières mensuelles significatives.
Reste désormais à observer comment ce projet s’inscrira concrètement dans l’écosystème minier camerounais, entre attentes de transparence, impératifs de souveraineté économique et nécessité de mieux capter la valeur générée par l’or national.
Anatole Bidias


