(LVDE) — Le Gabon pourrait franchir une nouvelle étape dans son ambition d’industrialisation avec l’implantation annoncée d’une usine d’assemblage de véhicules électriques par le groupe chinois ZMEV Limited. Présenté au ministre d’État en charge des Transports, le projet s’inscrit dans une stratégie gouvernementale de diversification économique, de création d’emplois et de montée en compétence industrielle à l’horizon 2036.
Le développement d’une industrie automobile nationale figure désormais parmi les priorités stratégiques du Gabon. Cette orientation s’est illustrée à travers la récente audience accordée par le ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, à une délégation de la société chinoise ZMEV Limited, accompagnée de son partenaire économique gabonais AZMAT. Au cœur des échanges : un projet d’implantation d’une usine d’assemblage de véhicules électriques sur le territoire gabonais à partir de 2027.
Spécialisée dans l’assemblage de véhicules légers et de poids lourds, ZMEV Limited a présenté son plan d’expansion sur le continent africain, déjà concrétisé par des investissements en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Kenya et en Égypte. Le Gabon apparaît aujourd’hui comme une nouvelle étape stratégique, en cohérence avec la politique de transformation locale et de valorisation industrielle portée par les autorités.
Selon les informations communiquées lors de la rencontre, le projet sera déployé en trois phases progressives. La première, prévue dès 2027, prévoit un taux d’assemblage local d’environ 30 %, marquant le démarrage effectif des activités industrielles. Une deuxième phase permettra une montée en puissance graduelle de la production, accompagnée d’un transfert de compétences vers la main-d’œuvre nationale. L’objectif final, fixé à l’horizon 2036, est ambitieux : atteindre près de 90 % d’assemblage réalisé localement.
Cette initiative est conduite en étroite collaboration avec le ministère de l’Industrie et de la Transformation locale, ce qui confère au projet une dimension institutionnelle forte. Au-delà de la simple implantation industrielle, les autorités y voient un levier pour structurer une véritable filière automobile nationale, favoriser l’émergence de sous-traitants locaux et renforcer l’intégration du Gabon dans les chaînes de valeur industrielles africaines.
Dans un contexte de transition énergétique et de promotion de la mobilité durable, le choix des véhicules électriques s’inscrit également dans une vision de long terme, alignée sur les enjeux environnementaux et les nouvelles tendances du marché automobile mondial. Pour le gouvernement, ce projet pourrait générer des emplois qualifiés, stimuler la formation technique et contribuer à la diversification d’une économie encore largement dépendante des hydrocarbures.
Cette rencontre traduit enfin la volonté affichée du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, de renforcer les partenariats internationaux et d’attirer des investissements structurants capables d’accélérer l’industrialisation du pays. Si les prochaines étapes confirment les engagements annoncés, le Gabon pourrait s’imposer comme un acteur émergent de l’assemblage automobile en Afrique centrale.
Sorelle Ninguem


