(LVDE) — Après plus d’une décennie d’incertitudes, la Compagnie camerounaise de l’aluminium (Alucam) attire de nouveau les investisseurs. Naxya Holding soumet une offre stratégique de 100 milliards FCFA au gouvernement, avec pour ambition de moderniser et restructurer l’entreprise tout en renforçant sa compétitivité sur le marché africain.
Le dossier Alucam connaît un nouveau rebondissement. Le 30 décembre 2025, le gouvernement camerounais a reçu une proposition de rachat émanant de Naxya Holding, maison-mère de Proalu SA, qui construit actuellement une usine de transformation de l’aluminium de 88 milliards de FCFA à Douala. L’offre s’inscrit dans un projet de modernisation et de développement intégré, visant à consolider la chaîne de valeur bauxite-alumine-aluminium et à renforcer l’accès au marché continental, notamment via la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Dans sa note, Naxya Holding insiste sur le caractère stratégique de l’opération : un partenariat mixte avec l’État permettrait de combiner efficacité opérationnelle et alignement sur les politiques industrielles nationales. Bien que la proportion exacte du capital visé ne soit pas précisée, le groupe propose un investissement de 100 milliards de FCFA, soulignant sa capacité à relancer l’entreprise sans recourir à des fonds publics directs.
Le dossier se fonde sur un engagement commercial déjà en cours entre Proalu SA et Alucam. Depuis août 2024, Proalu s’approvisionne en aluminium auprès d’Alucam à hauteur de 2 500 tonnes par mois, soit un chiffre d’affaires annuel sécurisé de 48 milliards de FCFA. Une avance de trésorerie de 10 milliards FCFA a été mise à disposition pour faciliter la relance de l’usine, garantissant à Alucam une liquidité indispensable dans un contexte où l’entreprise peinait à attirer des repreneurs.
Cette nouvelle proposition s’inscrit dans un regain d’intérêt pour Alucam après plus de dix ans de difficultés financières. Depuis la sortie de Rio Tinto en 2014, plusieurs investisseurs ont tenté d’acquérir les actifs du groupe, dont Eagle Eye et le trader suisse Bathco, chacun proposant entre 70 et 80 % du capital. Les offres témoignent de la valeur stratégique de la seule fonderie d’aluminium de la zone Cemac.
Alucam reste cependant une entreprise en crise chronique, affichant des pertes cumulées depuis plus d’une décennie et une dépendance régulière aux soutiens de l’État pour les charges d’électricité. Un rapport d’audit de la Cour suprême publié en novembre 2024 a estimé qu’une recapitalisation de 43 milliards FCFA est nécessaire pour remettre l’outil de production à niveau et atteindre une production annuelle de 110 000 à 120 000 tonnes d’aluminium primaire. L’offre de Naxya Holding promet de répondre à cette exigence tout en offrant une vision industrielle ambitieuse et structurante pour le pays.
Raphael Mforlem
Source : Investiraucameroun.com


