(LVDE) — Entre 2021 et 2025, les ports de Douala et de Kribi ont enregistré un trafic maritime en forte croissance, totalisant 7 372 mouvements de navires, selon les données consolidées par PAKAZURE, la plateforme intelligente du Port autonome de Kribi. Si la productivité à quai s’améliore, l’allongement des temps d’attente en rade apparaît comme le principal point de saturation, soulignant la nécessité d’optimiser les infrastructures d’accès et la planification des escales.
Selon les analyses de PAKAZURE, le trafic maritime camerounais a progressé de 22 % sur cinq ans, passant de 1 302 navires en 2021 à 1 599 en 2025, avec un pic enregistré en 2023. Le port de Douala concentre l’essentiel du trafic, avec 71 % à 76 % des escales, soit 5 224 mouvements, dont une majorité de navires lourds et conventionnels. Le port de Kribi, plus récent et spécialisé dans les conteneurs, accueille entre 24 % et 29 % du trafic, totalisant 2 148 escales sur la période.
L’analyse des cycles de stationnement révèle des tendances contrastées. Le temps moyen à quai a diminué de 3,88 jours à 3,20 jours, signe d’une productivité accrue. En revanche, le temps d’attente en rade a presque triplé, passant de 1,37 jour à 4,42 jours, dépassant désormais la durée des opérations commerciales pour la majorité des navires. Les conteneurs affichent un temps total de service passant de 3,1 jours en 2022 à 5,2 jours en 2025. Les cargaisons en vrac et conventionnelles connaissent les délais les plus longs, atteignant 8,35 jours, tandis que les tankers restent exposés à des attentes de 14,6 jours, générant un ratio attente/opération supérieur à 4.
Les conditions climatiques accentuent ces écarts. À Douala, la saison des pluies allonge le traitement des vraquiers à plus de 10 jours, alors qu’à Kribi, la manutention du vrac reste plus rapide, avec 3,50 jours en moyenne contre 7,34 jours à Douala. Malgré ces écarts, Douala conserve 76 % du trafic total pour l’échantillon 2024-2025, selon les données officielles du Port autonome de Douala et les rapports de l’Observatoire du transport maritime camerounais.
Le baromètre de PAKAZURE montre que le goulot d’étranglement se déplace désormais du quai vers la zone d’accès. Les véhicules restent le segment le plus fluide, avec 2,16 jours d’attente en 2025, tandis que les transporteurs de vrac et de marchandises conventionnelles font face à des durées prolongées en rade, augmentant les coûts de surestaries pour les opérateurs.
Ces indicateurs confirment les besoins prioritaires : renforcer les infrastructures d’accès, optimiser la planification des escales et poursuivre la digitalisation des opérations portuaires. Des études menées par la Banque africaine de développement (BAD) et les autorités portuaires camerounaises soulignent que la fluidification du trafic maritime est essentielle pour soutenir la compétitivité des ports, réduire les coûts logistiques et accompagner le développement économique régional.
En conclusion, les ports de Douala et Kribi affichent une croissance soutenue, mais la montée des temps d’attente en rade met en lumière les limites structurelles et la nécessité d’investissements ciblés. Les statistiques fournies par PAKAZURE, consolidées avec les rapports officiels du Port autonome de Douala et de Kribi, constituent un outil précieux pour orienter la planification stratégique, garantir la fluidité du trafic et améliorer la performance globale du transport maritime au Cameroun.
Anatole Bidias


