(LVDE) — Dans la zone portuaire de Douala-Bonaberi, la Chambre d’agriculture, des pêches, de l’élevage et des forêts du Cameroun (CAPEF) investit dans de nouvelles infrastructures logistiques dédiées au cacao. Avec la construction de deux entrepôts modernes totalisant 2 000 m², l’institution entend accompagner la montée en puissance des exportations et renforcer la compétitivité de la filière sur un marché mondial en forte tension.
Au cœur du principal poumon économique du Cameroun, le port de Douala-Bonaberi accueille un nouveau projet structurant pour la filière cacao. La CAPEF y déploie un dispositif logistique renforcé à travers la construction de deux entrepôts spécialisés, conçus pour améliorer les capacités de stockage et de transit de la fève destinée à l’exportation. Engagés courant 2025, les travaux traduisent la volonté de l’institution consulaire de moderniser les maillons clés de la chaîne de valeur agricole.
Le premier magasin, d’une superficie de 1 000 m², a été achevé à la fin de l’année 2025. Déjà opérationnel, il a réceptionné ses premières cargaisons dès les premières semaines de 2026, confirmant l’entrée progressive du site dans sa phase d’exploitation. Le second entrepôt, de capacité équivalente, est actuellement en chantier et devrait être livré en juillet 2026, selon des sources internes à la CAPEF.
À terme, l’ensemble du complexe offrira une capacité de stockage estimée à environ 11 000 tonnes de cacao. L’infrastructure est complétée par une aire extérieure de 4 500 m² destinée aux opérations de déchargement des camions en provenance des bassins de production, ainsi qu’à la gestion logistique des conteneurs. Un aménagement pensé pour fluidifier les opérations portuaires et réduire les délais de transit.
Grâce à une rotation rapide des stocks, évaluée à près de deux semaines, la CAPEF estime pouvoir traiter jusqu’à 100 000 tonnes de cacao par campagne. Cette performance s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réduire les pertes post-récolte, sécuriser la qualité des cargaisons et améliorer la régularité des expéditions vers les marchés internationaux.
L’initiative intervient dans un contexte particulièrement favorable pour la filière. Le cacao s’est imposé comme le premier produit d’exportation du Cameroun. Au cours de la campagne 2024-2025, les volumes exportés ont atteint 192 013 tonnes, en progression sur un an, générant 732,2 milliards de FCFA de recettes. Selon les données officielles des finances publiques, la fève représente près de 43 % des recettes d’exportation enregistrées au premier semestre 2025.
Cette dynamique est soutenue par une flambée des cours mondiaux, avec une hausse historique enregistrée en 2024, conséquence directe de la contraction de l’offre en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, affectés par des conditions climatiques défavorables. Pour la CAPEF, l’enjeu est désormais de tirer pleinement parti de cette conjoncture en dotant le Cameroun d’outils logistiques capables de soutenir durablement la compétitivité de son cacao sur les marchés internationaux.
Amelie Yandal


