Célestin Tawamba Président du GECAM
(LVDE) — Face aux conséquences économiques des tensions post-électorales, le Groupement des Entreprises du Cameroun (GECAM) exhorte le Président Paul Biya à mettre en place un gouvernement capable de relancer l’investissement, restaurer la confiance et impulser une croissance durable. L’organisation patronale évalue à plus de 200 milliards FCFA les pertes subies par le secteur privé depuis octobre 2025.
Le 19 janvier 2026, le GECAM a adressé une correspondance au Président de la République, appelant à la formation d’un « gouvernement de rupture, d’action et de restauration de la confiance ». Dans ce courrier, signé par son président Célestin Tawamba, le patronat insiste sur la nécessité d’un remaniement ministériel rapide, le deuxième en deux mandats après celui de janvier 2019, pour insuffler un souffle nouveau à l’économie nationale.
L’organisation souligne que le contexte international demeure particulièrement incertain et exigeant, avec des tensions géopolitiques persistantes, un accès au financement plus contraint, la volatilité des marchés des matières premières et une croissance mondiale anticipée à seulement 3,3 % en 2026. Selon le GECAM, ces facteurs accentuent la pression sur l’économie camerounaise déjà fragilisée par les événements post-électoraux.
Le groupement a évalué à 202,2 milliards FCFA les pertes directes et indirectes supportées par les entreprises depuis le scrutin du 12 octobre 2025, représentant environ 0,6 % du PIB projeté et une baisse moyenne du chiffre d’affaires de 33,5 %. La métropole économique Douala concentre à elle seule près de 80 % de ces pertes, avec un manque à gagner journalier de 22,4 milliards FCFA pendant la période critique. Au total, 94 % des entreprises interrogées ont déclaré avoir subi des impacts, que ce soit par des réductions d’effectifs ou des perturbations psychologiques sur les équipes.
Au-delà de la crise électorale, le patronat attire l’attention sur les contraintes structurelles persistantes : fiscalité lourde, accès limité au crédit, déficit énergétique, infrastructures dégradées et insuffisances logistiques. Selon le GECAM, sans mesures urgentes, ces difficultés continueront d’affecter la compétitivité et la résilience des entreprises jusqu’au second trimestre 2026.
Le groupement réitère sa conviction que la relance économique passe par un gouvernement clair, efficace et résolument orienté vers le bien-être des Camerounais. Il plaide pour une gouvernance capable de soutenir l’investissement, sécuriser les emplois et bâtir les bases d’une croissance inclusive et durable pour les sept prochaines années d’exercice du prochain cabinet. Anatole Bidias


