Brice Olingui Nguema, Président de la République du Gabon
(LVDE) — Après plusieurs années de gel, Libreville officialise la reprise de sa collaboration avec le Fonds monétaire international. Une décision stratégique destinée à rétablir la confiance, assainir les finances publiques et repositionner le pays sur la scène financière internationale.
À Libreville, l’annonce a été accueillie comme un signal politique et économique fort. Le Gabon a décidé de renouer formellement avec le Fonds monétaire international, marquant la fin d’une période d’éloignement qui aura duré près de quatre ans. Cette reprise de coopération intervient dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et de pression accrue sur la crédibilité financière du pays. À travers un communiqué officiel, les autorités présentent ce partenariat comme un pilier de leur stratégie de redressement et de relance.
Ce rapprochement n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans une dynamique amorcée dès novembre 2025, lorsque le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait reçu Abebe Aemro Selassie, directeur du département Afrique du FMI. Cette rencontre avait ouvert la voie à un dialogue technique approfondi autour des priorités économiques du Gabon : rééquilibrage des comptes publics, modernisation de la gouvernance, amélioration de la gestion de la dette et transformation progressive du modèle économique, encore largement tributaire des revenus pétroliers.
L’urgence de la situation financière a accéléré les décisions. La dégradation récente de la note souveraine par Fitch Ratings, qui pointe un risque élevé de défaut et un accès limité aux marchés, a agi comme un électrochoc. Conscientes de la nécessité de restaurer la confiance, les autorités ont multiplié les gestes d’apaisement, dont le règlement de plus de 28 milliards de FCFA d’arriérés envers des créanciers multilatéraux, y compris le FMI. Un acte perçu comme un engagement concret en faveur de la crédibilité budgétaire.
Au-delà des équilibres comptables, le retour du FMI est aussi une manœuvre de positionnement. Pour le gouvernement, il s’agit d’attirer à nouveau les bailleurs, de sécuriser l’accès aux financements concessionnels et de rassurer les investisseurs sur la trajectoire économique du pays. Mais cette coopération implique également des exigences : discipline budgétaire, réformes parfois impopulaires et transparence accrue dans la gestion publique.
Dans un environnement régional où la rigueur macroéconomique est devenue un impératif, le choix du Gabon traduit une volonté de reprendre le contrôle de sa trajectoire. Plus qu’un simple partenariat technique, c’est un test de crédibilité et de cohérence pour un exécutif qui joue désormais une part de sa légitimité sur sa capacité à redresser durablement l’économie nationale.
Sorelle Ninguem


