(LVDE) — Dans un environnement bancaire marqué par une reprise vigoureuse des volumes de crédits et une recomposition des positions, la BICEC s’impose comme le principal pourvoyeur de nouveaux financements à l’économie au Cameroun au premier trimestre 2025, selon les dernières données de la BEAC.
À Yaoundé comme à Douala, les chiffres publiés par la Banque des États de l’Afrique centrale redessinent la carte du financement bancaire. Au premier trimestre 2025, la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (BICEC) prend la tête du marché des nouveaux crédits accordés à l’économie, avec 17,60 % de parts, d’après le rapport sur l’évolution des taux débiteurs rendu public le 19 janvier 2026 par l’institut d’émission. Une performance qui traduit un positionnement offensif sur le segment du financement des entreprises et des particuliers.
Derrière la BICEC, la concurrence reste toutefois serrée. AFG Bank capte 13,26 % des parts, talonnée par SCB Cameroun avec 13,22 %. BGFIBank (11,27 %), SGBC (11,07 %) et CBC Bank (10,92 %) complètent le groupe de tête. Cette configuration montre un marché relativement équilibré, sans domination écrasante d’un seul acteur, même si ces six établissements concentrent l’essentiel des nouveaux concours bancaires.
Au-delà du classement, la dynamique globale est marquée par une progression notable des volumes. Sur les 19 banques en activité dans le pays, les crédits nouvellement accordés atteignent 1 827,9 milliards de FCFA sur les trois premiers mois de 2025, contre 1 420,1 milliards un an plus tôt, soit une hausse de près de 29 %. Cette augmentation intervient paradoxalement dans un contexte de recul du nombre de dossiers financés, signe d’une demande plus prudente en début d’année et d’une préférence pour des montants unitaires plus élevés.
L’analyse comparative avec 2024 révèle également une forte mobilité dans la hiérarchie bancaire. SCB Cameroun, leader un an plus tôt, glisse à la troisième place. La SGBC recule du deuxième au cinquième rang, tandis qu’Afriland First Bank, autrefois sur le podium, se retrouve désormais en milieu de tableau. Ces évolutions reflètent des stratégies commerciales différenciées et des arbitrages internes sur l’exposition au risque.
Autre enseignement : le financement de l’économie demeure quasi exclusivement assuré par les banques, qui concentrent plus de 99 % des nouveaux crédits. Les établissements financiers spécialisés restent marginaux, même si Alios Finance conserve un rôle moteur dans son segment. Enfin, la structure des prêts confirme la prédominance du court terme, largement majoritaire, au détriment des financements à moyen et long terme, pourtant essentiels pour soutenir l’investissement productif.
Tressy Chouente



