Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la présidence de la République
(LVDE) — Face aux tensions persistantes autour du contrat de scanning des marchandises au Port autonome de Douala, la présidence de la République s’invite dans le dossier. Une médiation attendue pour mettre un terme aux contradictions administratives qui perturbent les acteurs de la chaîne portuaire.
Dans les couloirs feutrés du secrétariat général de la présidence, une réunion convoquée le 21 janvier 2026 par Ferdinand Ngoh Ngoh a attiré l’attention du monde portuaire. Officiellement, il s’agissait d’examiner les « difficultés liées au scanning des marchandises » au port de Douala-Bonabéri. Officieusement, cette initiative sonne comme un signal fort : le dossier est devenu suffisamment sensible pour nécessiter un arbitrage au sommet de l’État.
À l’origine de la crispation, un désaccord ouvert entre le ministère des Finances et la direction générale du Port autonome de Douala. En décembre 2025, le directeur général du PAD, Cyrus Ngo’o, informait la communauté portuaire que Transatlantic D S.A. assurerait, dès le 1er janvier 2026, l’ensemble des opérations de scanning non intrusif, en remplacement de SGS, opérateur historique depuis 2015. La nouveauté réside dans l’élargissement du périmètre : toutes les marchandises, à l’import comme à l’export, et non plus seulement les conteneurs, sont désormais concernées, dans une logique de sécurisation globale de la plateforme portuaire.
Mais cette réorientation n’a pas reçu l’adhésion du ministre des Finances. Dans une correspondance datée du 29 décembre 2025, Louis Paul Motazé a clairement demandé le respect du contrat liant encore l’État à SGS, instruisant les services douaniers de s’y conformer. Deux lignes administratives se sont alors superposées, créant une confusion sur le terrain.
Malgré ce contexte, Transatlantic D S.A. a démarré ses opérations dès le 2 janvier. L’entreprise revendique plusieurs milliers de conteneurs traités en quelques jours et communique sur des performances qu’elle juge rassurantes. Le PAD, de son côté, a publié un communiqué le 19 janvier pour rappeler que seul le paiement effectué auprès du nouvel opérateur est désormais valable, invitant les administrations à désactiver l’ancien système afin d’éviter un double prélèvement au détriment des chargeurs.
Cette cacophonie administrative inquiète les usagers du port, déjà confrontés à des coûts logistiques élevés et à des procédures complexes. Commissionnaires en douane, importateurs et exportateurs redoutent un allongement des délais et une perte de lisibilité des règles. L’intervention de la présidence est donc perçue comme une tentative de restaurer la cohérence de l’action publique et de sécuriser un secteur stratégique pour l’économie nationale.
En attendant les conclusions officielles, une certitude demeure : au-delà du choix de l’opérateur, c’est la crédibilité de la gouvernance portuaire et la fluidité du commerce extérieur camerounais qui se jouent dans cet arbitrage présidentiel très attendu.
Amelie Yandal


