(LVDE) — En vigueur depuis le 1er janvier 2026, une nouvelle mesure fiscale issue de la loi de finances vise à faciliter l’essor des start-up camerounaises. L’exonération des droits de douane sur certains équipements marque un signal fort en faveur de l’entrepreneuriat jeune, dans un contexte où l’innovation peine encore à trouver un environnement pleinement favorable.
Dans les couloirs des espaces de coworking de Yaoundé et de Douala, la nouvelle s’est rapidement propagée comme une bouffée d’oxygène. Désormais, les équipements importés par les start-up en activité au Cameroun peuvent entrer sur le territoire sans supporter de droits de douane. La mesure, inscrite dans la circulaire d’exécution du budget 2026 signée le 31 décembre 2025 par le ministre des Finances Louis Paul Motazé, s’inscrit dans une volonté affichée de soutenir l’emploi des jeunes et de réduire le chômage.
Sur le terrain, plusieurs promoteurs y voient un levier concret pour réduire les coûts de lancement et d’expansion de leurs projets. Ordinateurs performants, serveurs, équipements techniques ou matériels spécialisés représentent souvent un investissement lourd pour de jeunes entreprises aux ressources limitées. En allégeant cette charge, l’État espère stimuler la compétitivité et encourager la formalisation de nombreuses initiatives innovantes.
L’accès à cette exonération reste toutefois encadré. Les bénéficiaires doivent être titulaires d’un agrément lorsque cela est requis, et la liste des matériels concernés doit faire l’objet d’une validation préalable par l’administration des douanes, en collaboration avec le ministère chargé de la formation professionnelle et de l’économie numérique. Pour les start-up du secteur digital, une condition supplémentaire s’impose : l’inscription obligatoire au registre officiel des start-up du numérique tenu par le ministère des Postes et Télécommunications.
Au-delà de l’avantage fiscal, cette décision relance le débat sur l’environnement global des jeunes entreprises. Si la suppression des droits de douane est saluée, les acteurs continuent de pointer d’autres obstacles majeurs, notamment l’accès limité au financement bancaire, les coupures d’électricité, ainsi que le coût élevé et la qualité inégale de la connexion internet. Autant de défis qui rappellent que cette réforme, aussi symbolique soit-elle, n’est qu’une étape dans la construction d’un écosystème entrepreneurial réellement dynamique au Cameroun.
Anatole Bidias


