(LVDE) — La société Aéroports du Cameroun (ADC) table sur une progression de ses performances financières en 2026, portée par plusieurs chantiers majeurs de modernisation, de sécurisation et de valorisation de ses infrastructures. Des ambitions qui s’appuient sur un redressement déjà bien engagé.
Dans la salle où se tenaient les échanges budgétaires du 8 janvier dernier, l’atmosphère traduisait une confiance retrouvée. Devant ses équipes et partenaires, la direction générale d’Aéroports du Cameroun a dévoilé ses projections pour l’année à venir : un chiffre d’affaires prévisionnel de 40,5 milliards FCFA en 2026, contre environ 39 milliards FCFA attendus en 2025. Une hausse modérée en apparence, mais révélatrice d’une trajectoire de croissance progressive et maîtrisée.
Pour le directeur général, Thomas Owona Assoumou, cette dynamique repose avant tout sur l’exécution d’un portefeuille de projets jugés stratégiques. Parmi eux figure la certification des aérodromes de Douala et de Yaoundé-Nsimalen, une étape clé pour aligner les plateformes camerounaises sur les standards internationaux. Dans le même esprit, la mise en conformité des abords de piste à l’aéroport de Maroua-Salak vient renforcer la sécurité des opérations dans une zone sensible du pays.
À Garoua, l’entreprise mise également sur l’amélioration de l’expérience des voyageurs, avec l’installation d’une connexion internet haut débit au salon d’accueil. Une initiative qui, au-delà du confort, traduit la volonté d’ADC d’inscrire ses infrastructures dans l’ère des services numériques. Autre chantier emblématique : le lancement des travaux de rénovation de l’aérogare passagers de l’aéroport international de Douala, à travers le projet RAP-AID, destiné à accroître la capacité d’accueil et à moderniser l’image de la principale porte d’entrée aérienne du Cameroun.
La feuille de route comprend aussi l’actualisation des études techniques sur les chaussées aéronautiques de Garoua et la poursuite du processus d’introduction en bourse de l’entreprise. L’obtention du visa de la COSUMAF est désormais présentée comme une priorité, avec l’objectif de renforcer la gouvernance et d’ouvrir ADC à de nouvelles sources de financement.
Ces perspectives s’inscrivent dans un contexte financier déjà plus favorable. Après plusieurs années marquées par les contrecoups de la pandémie, l’entreprise a signé un net rebond. En 2024, son bénéfice net a atteint 9,2 milliards FCFA, contre 4,4 milliards un an plus tôt. Une performance qui dépasse même les niveaux d’avant-crise et témoigne des efforts de restructuration engagés depuis 2021.
À travers ses investissements et ses ambitions, ADC entend consolider sa position d’acteur central du transport aérien national, tout en accompagnant la reprise du trafic et la transformation progressive des services aéroportuaires au Cameroun.
Anatole Bidias


