(LVDE) — Acteur bancaire en pleine expansion dans la zone Cemac, CCA Bank renforce sa position stratégique en s’engageant dans le financement de grands projets extractifs. Grâce au mécanisme spécial de refinancement de la BEAC, l’établissement camerounais engage des ressources importantes au profit de l’économie réelle, entre pétrole au Congo et minerai de fer au Cameroun.
Dans les cercles financiers d’Afrique centrale, le nom de CCA Bank revient avec insistance. La banque, contrôlée par l’homme d’affaires camerounais Albert Nkemla, vient d’obtenir une place de choix dans un montage financier d’envergure autour du développement du champ pétrolier terrestre de Mengo Kundji Bindi II, porté par Trident OGX Congo. À travers un consortium bancaire conduit par la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA Bank), CCA Bank s’engage à hauteur de 30 milliards de FCFA dans un investissement global estimé à 200 milliards de FCFA.
Selon des informations issues de documents de la BEAC, la composition initiale du pool bancaire a évolué en raison de lenteurs opérationnelles observées chez certains partenaires. Ecobank Congo et Crédit du Congo ont ainsi été écartées du dispositif, laissant place à CCA Bank Cameroun, dont la réactivité a été jugée plus compatible avec les exigences du calendrier du projet.
La Banque des États de l’Afrique centrale joue un rôle clé dans cette opération. Sollicitée par la BSCA Bank, elle a activé son Guichet spécial de refinancement destiné à soutenir les crédits à moyen terme orientés vers l’investissement productif. Après analyse, le Comité de politique monétaire, réuni le 15 décembre 2025, a donné son feu vert à la mobilisation de 95 milliards de FCFA via ce mécanisme, au taux directeur en vigueur de 4,75 %, pour une durée de cinq ans.
Au-delà du pétrole congolais, CCA Bank se positionne également sur un projet minier structurant au Cameroun. La banque fait partie d’un pool local sélectionné pour accompagner la société G-Stone dans la mise en valeur du gisement de fer de Grand Zambi. Sa contribution est évaluée à 4,1 milliards de FCFA, toujours avec l’appui du dispositif de refinancement de la BEAC. Une opération qui illustre la volonté de l’établissement de soutenir des secteurs à fort potentiel de transformation économique.
Fondée à Bafoussam à la fin des années 1990, CCA Bank a progressivement gravi les échelons, passant du statut de coopérative d’épargne à celui de banque universelle en 2018. Aujourd’hui solidement implantée dans le paysage financier camerounais, elle affiche des indicateurs en nette progression : plus de 837 milliards de FCFA de total bilan fin 2024, une rentabilité en hausse et des parts de marché significatives aussi bien sur les crédits que sur les dépôts. Autant d’atouts qui confirment son ambition de devenir un acteur bancaire de référence dans la sous-région.
Tressy Chouente


