(LVDE) — Le groupe TotalEnergies a engagé une nouvelle étape de réorganisation de ses activités amont au Nigeria. À travers un accord signé avec la société britannique Vaaris, la compagnie française acte la cession de sa participation non opérée dans la coentreprise Renaissance, tout en conservant un positionnement stratégique sur les actifs gaziers jugés essentiels.
Dans le secteur pétrolier nigérian, l’annonce a rapidement circulé parmi les acteurs du marché. TotalEnergies, via sa filiale locale, a conclu un accord de vente avec Vaaris en vue de transférer sa participation de 10 % dans la coentreprise Renaissance, anciennement connue sous le nom de SPDC JV. Derrière cette opération se dessine une logique claire : rationaliser le portefeuille d’actifs et concentrer les ressources sur les segments considérés comme prioritaires, notamment le gaz.
Concrètement, l’accord prévoit la cession à Vaaris de l’ensemble des droits et obligations liés à cette participation dans quinze licences majoritairement pétrolières situées dans le delta du Niger. Ces actifs ont généré en 2025 environ 16 000 barils équivalent pétrole par jour pour la part revenant à TotalEnergies. La coentreprise Renaissance regroupe plusieurs partenaires, dont la compagnie nationale NNPC Ltd, l’opérateur Renaissance Africa Energy Company, ainsi qu’Agip Energy and Natural Resources Nigeria. Elle contrôle un portefeuille de licences implantées dans une zone historiquement stratégique, mais confrontée depuis des années à des défis liés à la sécurité, à la maturité des champs et aux coûts d’exploitation.
La transaction ne marque toutefois pas un retrait total du groupe français. TotalEnergies a choisi une structuration plus fine : sa participation de 10 % dans trois licences à dominante gazière sera transférée à Vaaris sur le plan opérationnel, mais la compagnie conservera l’intégralité de ses intérêts économiques. Ces blocs fournissent aujourd’hui près de la moitié du gaz alimentant Nigeria LNG, acteur central des exportations de GNL du pays. Ce montage permet à TotalEnergies de réduire son exposition opérationnelle tout en restant étroitement liée aux revenus issus d’un secteur clé pour sa stratégie de long terme.
Comme souvent dans ce type d’opération, la finalisation reste soumise aux validations réglementaires des autorités nigérianes. Si elle aboutit, Vaaris renforcera sa présence dans le delta du Niger, tandis que TotalEnergies poursuivra son recentrage vers des actifs à plus forte valeur stratégique. Présent au Nigeria depuis plus de six décennies, le groupe demeure un acteur majeur du paysage énergétique local, avec une production de plus de 200 000 barils équivalent pétrole par jour en 2024 et un réseau de centaines de stations-service à travers le pays.
Cette cession s’inscrit dans une orientation plus globale. TotalEnergies multiplie les arbitrages afin d’alléger son exposition aux actifs pétroliers matures et de réallouer ses investissements vers le gaz, le GNL, l’électricité et les énergies renouvelables. Une dynamique déjà illustrée par la vente, en 2025, de sa participation dans le champ Bonga à Shell. Autant de signaux qui traduisent une transformation progressive du portefeuille, entre exigence de rentabilité, adaptation aux réalités opérationnelles et engagement dans la transition énergétique.
Sorelle Ninguem


