(LVDE) — Réunis autour de la présentation du plan d’actions et du budget 2026, les responsables d’Aéroports du Cameroun ont dévoilé une feuille de route ambitieuse : moderniser les infrastructures, renforcer la qualité des services et accroître les recettes. L’entreprise publique projette un produit global de plus de 40 milliards FCFA, dans un contexte marqué par la reprise progressive du trafic et la perspective d’une ouverture au marché financier régional.
À Douala, le 7 janvier dernier, l’atmosphère était studieuse dans la salle ayant accueilli la présentation officielle du plan d’actions et du budget 2026 d’Aéroports du Cameroun. Validés en amont lors de la 139ᵉ session du Conseil d’administration tenue le 19 décembre 2025 à Kribi, ces documents stratégiques traduisent la volonté de l’entreprise publique de changer d’échelle. Face aux cadres et partenaires, la direction générale a insisté sur la nécessité d’une gestion plus rigoureuse, fondée sur la discipline budgétaire, la maîtrise des dépenses et une culture accrue de redevabilité.
Sur le terrain, la stratégie repose d’abord sur l’amélioration tangible des plateformes aéroportuaires. Pour 2026, ADC entend faire progresser la certification des aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé-Nsimalen, afin de mieux répondre aux normes de l’aviation civile internationale. À Maroua-Salak, la mise en conformité des abords de piste figure parmi les priorités pour renforcer la sécurité des opérations. À Douala, la rénovation de l’aérogare passagers, annoncée dans le cadre du projet RAP-AID, devrait marquer une étape importante dans la modernisation de la principale porte d’entrée aérienne du pays. D’autres chantiers sont également programmés, notamment à Garoua, où l’amélioration de la connectivité internet du salon d’accueil et l’actualisation des études techniques sur les chaussées aéronautiques témoignent d’une attention portée aux détails opérationnels.
Ces investissements ne relèvent pas seulement de l’esthétique ou du confort. Ils visent à restaurer la compétitivité des plateformes camerounaises, à rassurer les compagnies aériennes et à offrir aux passagers une expérience plus fluide. En toile de fond, ADC cherche aussi à mieux valoriser commercialement ses infrastructures, dans un environnement régional où la concurrence entre hubs aéroportuaires s’intensifie.
Sur le plan financier, les projections traduisent un optimisme mesuré. L’entreprise table sur un produit global d’environ 40,59 milliards FCFA en 2026, contre 39,05 milliards l’année précédente, soit une hausse de 3,9 %. Cette progression serait portée par la reprise du trafic, l’élargissement de l’offre de services et une optimisation des redevances. L’enjeu est clair : renforcer la capacité d’autofinancement, soutenir les investissements engagés et franchir une nouvelle étape vers l’introduction en bourse. L’obtention attendue du visa de la COSUMAF apparaît, dans ce contexte, comme un jalon stratégique.
Entre contraintes budgétaires et ambitions de modernisation, Aéroports du Cameroun avance ainsi sur une ligne d’équilibre. L’année 2026 s’annonce comme un test grandeur nature pour mesurer la capacité de l’entreprise à transformer ses plans en résultats concrets, au service de la mobilité et du rayonnement du pays.
Amélie Yandal


