(LVDE) — Le 21 décembre 2025, les employés de Hevéa Cameroun S.A (Hevecam SA) ont lancé une grève illimitée, faute d’accord avec la direction. Les travailleurs revendiquent le paiement des gratifications, la levée des avancements bloqués depuis 2018 et le reversement des cotisations sociales, créant un climat de tensions au sein de l’entreprise.
La situation est tendue chez Hevéa Cameroun SA (Hevecam SA), où l’intransigeance de la direction a conduit à une grève illimitée. Les délégués du personnel, dans une lettre officielle publiée la veille, ont annoncé la cessation totale des activités dès 6 heures, le 21 décembre 2025. Cette décision est le résultat d’une série de frustrations accumulées, où les revendications salariales et l’accusation de manipulation de la part de la direction prennent le devant de la scène dans le département de l’Océan.
Les plantations d’hévéa de Niété, vitales pour l’économie agro-industrielle camerounaise, s’annoncent en proie à l’instabilité. Après avoir déposé un préavis le 9 décembre, sans réponse satisfaisante, les représentants des employés se sont résolus à intensifier leur action. Ce mouvement de grève, qui s’étend de manière indéfinie, a le potentiel de paralyser l’une des principales industries du pays.
Dans leur communication à la Direction Générale et relayée aux autorités administratives, tels que le Préfet de l’Océan, les délégués n’ont pas mâché leurs mots. Ils dénoncent une note administrative jugée « mensongère », publiée par la direction, qu’ils estiment n’être qu’une tentative de dissimuler l’absence de réponses concrètes à leurs préoccupations.
Les syndicalistes vont jusqu’à accuser la hiérarchie de Hevecam de semer la division au sein de la main-d’œuvre. Face à cette situation de mutisme, les travailleurs estiment que leur droit constitutionnel de grève est devenu leur seul recours pour se faire entendre et garantir leur avenir au sein de l’entreprise.
Les revendications des travailleurs sont claires et non négociables. D’abord, ils exigent le paiement intégral de la gratification de fin d’année avant toute autre considération concernant les salaires de décembre. Ils demandent également le reversement des sommes prélevées sur les salaires, destinées aux mutuelles et aux syndicats. La question des avancements, gelés depuis 2018, doit également être résolue, et les médailles d’honneur du travail, actuellement en suspens à cause d’un arrêt ministériel, représentent un autre point crucial.
L’impact de cette grève est immédiat et touche tous les domaines clés de l’entreprise. Les plantations, de Hevecam 1 à Hevecam 2, sont à l’arrêt, et l’usine de transformation voit ses machines se taire. Même les services administratifs et éducatifs gérés par Hevecam sont touchés par ce mouvement de grève.
Cependant, dans un esprit de responsabilité, les délégués ont convenu de maintenir certains services essentiels. Ainsi, le service médical ainsi que les permanences liées à l’énergie, à l’hydraulique et à la logistique continueront d’opérer pour garantir la continuité des activités vitales. Alors que la période des fêtes de fin d’année approche, l’attention se tourne vers la Direction Générale, dont l’absence de réaction à ces revendications fait peser un lourd poids sur l’économie de la région du Sud. Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir des travailleurs et pour le bon fonctionnement de Hevecam.
Amélie Yandal


