(LVDE) — En quête de solutions durables face à l’accumulation des déchets urbains, le Cameroun attire l’attention du groupe ghanéen Jospong. En mission économique à Yaoundé, le conglomérat spécialisé dans l’assainissement et la valorisation des déchets entend proposer un modèle industriel fondé sur l’économie circulaire, en phase avec les réformes engagées par les autorités.
Yaoundé a accueilli, le 17 décembre 2025, une délégation du Jospong Group of Companies, acteur majeur de la gestion des déchets en Afrique. Reçus par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, les représentants du groupe ghanéen ont présenté leur savoir-faire et exprimé leur intérêt pour le marché camerounais. La mission doit s’achever par une audience annoncée avec le Premier ministre, signe de l’importance accordée à cette démarche.
Cette visite intervient dans un contexte précis. Elle s’inscrit dans le prolongement des États généraux de la gestion des déchets organisés récemment dans la capitale. Ces assises ont mis en lumière l’urgence de repenser le traitement des déchets solides, liquides et médicaux, non plus comme une contrainte, mais comme un levier économique. L’objectif affiché : réduire la pression environnementale tout en générant de nouvelles opportunités industrielles et sociales.
Le défi est de taille. Avec l’urbanisation accélérée et la croissance démographique, la production annuelle de déchets au Cameroun frôle désormais les six millions de tonnes. Dans les métropoles de Yaoundé et Douala, la collecte formelle ne concerne encore qu’une partie des volumes produits, tandis que les solutions de transformation et de valorisation restent limitées. Une situation qui pèse sur la salubrité urbaine et les finances des collectivités.
C’est sur ce terrain que Jospong entend se positionner. À travers sa filiale Zoomlion Ghana Limited, le groupe revendique près de trois décennies d’expérience dans plus de trente pays africains. Son modèle repose sur une prise en charge intégrée : collecte, traitement, recyclage et transformation des déchets en ressources exploitables. À cela s’ajoutent la formation de la main-d’œuvre, le transfert de technologies et la création d’emplois locaux, des arguments mis en avant lors des échanges avec les autorités camerounaises.
L’intérêt de Jospong trouve aussi un écho dans les réformes engagées par le Cameroun. En juin 2025, le pays a lancé la Bourse nationale des déchets, un mécanisme inédit dans la zone CEMAC destiné à structurer la filière et à faciliter les investissements privés. Opérationnelle depuis juillet, cette plateforme associe l’État, les collectivités territoriales et les entreprises, avec l’ambition de faire émerger un véritable marché de la valorisation.
Entre pression environnementale et opportunités économiques, la rencontre entre Jospong et le Cameroun illustre une nouvelle dynamique : celle d’un secteur des déchets appelé à devenir un pilier de la croissance verte et de l’économie circulaire dans le pays.
Anatole Bidias



