(LVDE) — Face aux difficultés persistantes d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises, le ministère des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat a organisé, le 17 décembre 2025, un forum national dédié au financement des PME. Une rencontre stratégique visant à repenser les mécanismes financiers afin de soutenir l’industrialisation et renforcer la compétitivité de l’économie camerounaise.
À Yaoundé, les projecteurs se sont braqués sur les petites et moyennes entreprises, considérées comme la cheville ouvrière de la transformation économique du Cameroun. Le 17 décembre 2025, le ministère des PME, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) a réuni décideurs publics, financiers et entrepreneurs à l’occasion du Forum national sur le financement des PME. L’initiative s’inscrit dans la volonté gouvernementale d’accélérer la mutation structurelle de l’économie, en cohérence avec la politique d’import-substitution portée par la Stratégie nationale de développement.
Représentant près de 99,8 % du tissu entrepreneurial national, les PME occupent une place centrale dans la création d’emplois et de valeur ajoutée. Pourtant, leur essor reste freiné par un accès limité aux ressources financières. Les chiffres sont révélateurs : en 2024, seules deux entreprises sur dix ont bénéficié de crédits bancaires, traduisant l’inadéquation des schémas classiques de financement face aux réalités des petites structures.
C’est autour de ce constat que les échanges se sont articulés, sous le thème : « Repenser le financement des PME au Cameroun : pour des solutions innovantes au service de l’industrialisation et de la compétitivité ». L’ambition affichée est claire : identifier des mécanismes plus inclusifs et mieux adaptés, capables de soutenir la production locale et de renforcer la résilience des entreprises.
Au cœur des discussions figure la diversification des sources de financement. Les travaux du forum visent à mettre en lumière des alternatives au crédit bancaire traditionnel, jugé souvent inaccessible ou inadapté. À l’issue des débats, trois mécanismes de financement hors banque, considérés comme les plus pertinents pour l’écosystème camerounais, devraient être proposés aux autorités.
Au-delà des solutions financières, le forum se veut un cadre de réflexion sur la structuration globale de l’écosystème. Une feuille de route comprenant dix actions prioritaires, à déployer sur une période de trois à cinq ans, est en cours d’élaboration. Elle devrait servir de socle à des réformes ciblées destinées à améliorer la coordination, l’efficacité et la durabilité des dispositifs existants.
Placée dans la continuité des initiatives internationales, notamment le Forum mondial sur le financement des PME lancé par la Société financière internationale (SFI) en 2015, la rencontre a mobilisé un large éventail d’acteurs. Administrations publiques, banques, institutions financières internationales, investisseurs en capital, fonds de garantie, plateformes numériques de microcrédit et opérateurs de téléphonie mobile ont croisé leurs analyses. Une vingtaine de PME ont également pris part aux échanges, apportant un éclairage concret sur les défis du terrain.
À travers ce forum, le Gouvernement camerounais réaffirme sa détermination à faire du financement des PME un levier majeur de l’industrialisation, de la compétitivité économique et d’une croissance plus inclusive. Raphael Mforlem


