(LVDE) – Malgré des prix très concurrentiels, Camtel ne parvient pas à gagner des parts de marché face aux géants Orange et MTN. Avec seulement 2,67 % des parts de marché en 2024, l’opérateur public fait face à des défis significatifs malgré une hausse de son nombre d’abonnés et de son chiffre d’affaires.
En 2024, Cameroon Telecommunications, connue sous le nom de Camtel, continue de se frayer un chemin dans le secteur de la téléphonie mobile avec sa marque Blue. Selon les données de l’Agence de régulation des télécommunications (ART), Camtel a enregistré une croissance impressionnante de 70,2 % de son parc d’abonnés, qui est passé de 1,2 million en 2023 à 2,08 millions. Parallèlement, le chiffre d’affaires de l’opérateur dans le secteur mobile a progressé de 20 %, atteignant 16,8 milliards FCFA. Malgré ces performances positives, Camtel ne détient que 2,67 % des parts de marché, ce qui reflète un léger gain de 0,18 point.
Cette amélioration est néanmoins insuffisante pour rattraper Orange et MTN, qui demeurent dominants sur le marché. Bien qu’il propose des tarifs parmi les plus compétitifs, l’image de Camtel auprès des consommateurs camerounais est ternie par la qualité de son réseau. En effet, les prix attractifs de Camtel dans les communications vocales, où un tarif unique de 60 FCFA par minute est appliqué, ne suffisent pas à compenser les lacunes perçues par les utilisateurs. Orange et MTN, quant à eux, facturent respectivement 61,2 FCFA et 91,8 FCFA par minute pour les appels inter-réseaux, créant ainsi un écart significatif en faveur de Camtel sur le plan tarifaire.
Cependant, ces différences de prix soulèvent des questions sur la structure du marché, que l’ART qualifie de « fortement concentré autour de deux opérateurs ». Cette concentration peut conduire à des abus de position dominante et à des comportements anti-concurrentiels, avec des promotions qui favorisent les leaders du marché au détriment d’un véritable jeu de compétition.
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Un aspect essentiel à considérer est le rôle de Camtel en tant que concessionnaire national des infrastructures de télécommunications, qui génère 33,7 milliards FCFA de revenus en 2024 par le biais de la location de ses capacités, notamment en fibre optique, aux autres opérateurs. Ces coûts d’exploitation influencent forcément les tarifs pratiqués par Orange et MTN.
Malgré ces atouts, le bilan qualitatif de Camtel suscite des inquiétudes. L’opérateur a enregistré le plus grand nombre de plaintes par rapport à sa taille, avec 119 444 réclamations adressées à l’ART en 2024, représentant 13,8 % des plaintes totales. De plus, son taux de résolution de plaintes, à 97 %, est le plus bas du secteur, tandis qu’Orange et MTN affichent respectivement 98 % et 99 %.
Pour rappel, bien que Camtel présente des tarifs compétitifs et une augmentation notable de son nombre d’abonnés, la concurrence avec des acteurs établis tels qu’Orange et MTN apparaît comme un défi de taille. Pour se faire une place significative sur le marché, l’opérateur public devra impérativement concentrer ses efforts sur l’amélioration de la qualité de service et l’optimisation de son réseau tout en préservant des tarifs attractifs. Avec un marché téléphonique camerounais de plus en plus concurrentiel, l’ambition de Camtel de devenir un acteur incontournable de la téléphonie mobile nécessite des stratégies solides et innovantes.
Raphael Mforlem



