(LVDE) – Les résultats obtenus par le secteur bancaire de la CEMAC, publiés par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), témoignent d’une dynamique de croissance solide tout en mettant en lumière les défis à relever pour le système financier.
En 2024, le secteur bancaire de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) a enregistré des performances impressionnantes, selon le dernier rapport de la COBAC. Le bilan agrégé des établissements de crédit de la région a atteint 24 967 milliards FCFA, marquant une augmentation de 11,5 % par rapport à l’année précédente. Ce chiffre illustre l’expansion continue des activités bancaires dans une région en quête de stabilité économique.
Cette croissance est soutenue par une augmentation des dépôts des clients, qui s’élèvent à 17 995 milliards FCFA, soit une hausse de 8,2 %. En revanche, la progression des crédits bruts accordés à l’économie demeure plus modérée, se chiffrant à 12 501 milliards FCFA, avec une croissance de 6,5 %. Cette situation met en lumière un déséquilibre persistant entre la collecte d’épargnes et l’octroi de prêts, révélant une prudence marquée dans l’intermédiation bancaire, surtout dans un contexte macroéconomique régional incertain.
Sur le plan de la rentabilité, les banques de la CEMAC se distinguent par un résultat net cumulé de 449,8 milliards FCFA, en progression de 12,6 %. Cette hausse des bénéfices témoigne de la capacité du secteur à dégager des marges bénéficiaires, notamment grâce à des activités de trésorerie efficaces et aux opérations sur titres, même si le climat économique présente des risques structurels.
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Cependant, la COBAC relève également des vulnérabilités persistantes au sein du système bancaire. Les créances douteuses ont atteint 2 024 milliards FCFA, affichant une hausse de 7,7 % et un taux préoccupant de 16,2 %. Ce niveau soulève des questions sur la qualité du portefeuille de crédits des établissements et sur leur capacité à soutenir durablement le financement de l’économie réelle dans la zone CEMAC.
Face à ces résultats, les autorités bancaires encouragent les établissements à renforcer leur gestion des risques et à améliorer la qualité de leurs actifs. La nécessité d’une meilleure intermédiation bancaire apparaît cruciale pour assurer un développement économique plus équilibré dans la région.
Dans l’ensemble, ces résultats reflètent une dynamique positive dans le secteur bancaire de l’Afrique centrale, mais ils appellent à une vigilance accrue quant à la gestion des risques et à la qualité des crédits accordés. La route vers une finance plus robuste dans la CEMAC est encore semée d’embûches, mais les performances affichées en 2024 laissent entrevoir un potentiel d’amélioration significatif pour l’avenir.
Tressy Chouente


