(LVDE) – À Dakar, la réduction des prix du super et du gasoil, entrée en vigueur le 6 décembre 2025 à 18h, marque une nouvelle étape dans la politique de soutien au pouvoir d’achat. Alors que le pays accélère l’exploitation de ses ressources pétrolières et gazières, l’exécutif multiplie les signaux en faveur des ménages et des petits producteurs.
En fin d’après-midi, ce 6 décembre, l’annonce de la Commission de régulation du secteur de l’Énergie a été accueillie comme un premier souffle dans un contexte économique tendu. Le litre de supercarburant est désormais affiché à 920 FCFA, contre 990 FCFA auparavant, et celui du gasoil passe de 755 à 680 FCFA. Une baisse nette de 70 FCFA qui concrétise l’engagement formulé la veille par le ministre du Pétrole, de l’Énergie et des Mines devant les députés.
Dans les allées animées du centre-ville de Dakar, chauffeurs, commerçants et transporteurs commentent la nouvelle avec prudence mais aussi avec une lueur d’espoir. Beaucoup y voient un signal attendu dans une période où l’inflation continue de rogner les revenus et où la question énergétique reste au cœur des préoccupations nationales. « C’est un début, mais nous attendons davantage », glisse un taximan, convaincu que cette mesure n’est qu’une première étape.
Car les attentes se concentrent désormais sur l’électricité, autre poste de dépense lourd pour les familles et les petites activités. La promesse faite il y a un mois par le Premier ministre Ousmane Sonko a été confirmée par son ministre Birame Souleye Diop : le prix du kilowattheure pour les ménages à faible consommation va passer de 91,17 FCFA à 82 FCFA. Une mesure qui concerne plus d’un million de clients sociaux — dont près de 266 000 abonnés en post-paiement — représentant 85 % des petits consommateurs domestiques.
Les artisans et petits professionnels ne sont pas en reste. Pour ceux dont la consommation est stabilisée entre 0 et 50 kWh, le tarif sera abaissé de 163,81 FCFA à 147,43 FCFA. Une réduction de 10 % censée soulager plus de 519 000 abonnés en basse tension, parmi lesquels des couturiers, menuisiers ou mécaniciens pour qui le coût de l’énergie reste un facteur déterminant de compétitivité.
Cette politique d’ajustement tarifaire s’inscrit dans une conjoncture énergétique marquée par une montée en puissance de l’exploitation nationale des hydrocarbures. Au mois de novembre, trois cargaisons de pétrole brut ont quitté les terminaux sénégalais, soit un total de 2,93 millions de barils vendus sur le marché mondial. Sur le volet gazier, les exportations issues du champ Grand Tortue Ahmeyim ont représenté deux cargaisons de gaz naturel liquéfié, équivalant à 0,33 million de mètres cubes de GNL.
Pour les autorités, la manne énergétique doit contribuer à amortir les pressions sur les prix intérieurs et offrir une marge de manœuvre permettant de protéger les ménages comme les petits producteurs. Dans l’immédiat, la baisse du carburant apporte un premier répit, en attendant les retombées plus larges promises par les futures recettes pétrolières et gazières. Sorelle Ninguem



