Emmanuel Nganou Djoumessi, Ministre des Travaux Publics
(LVDE) – Avec une dotation de près de 652 milliards FCFA, le Ministère des Travaux publics engage pour 2026 un programme ambitieux axé sur l’achèvement des grands projets, la modernisation des infrastructures et l’entretien renforcé du réseau national. Une feuille de route qui intervient après une année 2025 marquée par des contraintes budgétaires, mais aussi par des progrès notables sur plusieurs axes structurants.
Dans les couloirs du Ministère des Travaux publics, l’atmosphère est studieuse. Pour 2026, le MINTP s’appuie sur une enveloppe de 651,952 milliards FCFA afin de maintenir le rythme des travaux engagés sur l’ensemble du territoire. Sur ce montant, 539,74 milliards sont orientés vers l’investissement, tandis que 112,212 milliards sont consacrés au fonctionnement. Le financement associe les ressources du Fonds Routier et les engagements issus des Partenariats Public-Privé, devenus indispensables face à l’ampleur des chantiers.
L’année 2025, bien que freinée par des tensions financières et des arriérés de paiement, aura tout de même permis des avancées significatives. Plus de 227 km de routes ont été livrés, accompagnés de plusieurs ouvrages d’art désormais opérationnels. À cela s’ajoutent environ 3 350 km de routes réhabilitées ou entretenues : 1 859 km en réhabilitation ou entretien confortatif, 717 km en entretien courant et 767 km de routes en terre remises à niveau. Des résultats obtenus malgré un contexte sécuritaire complexe et une exécution budgétaire parfois ralentie sur les projets financés sur ressources internes.
En 2026, le ministère concentre son action sur les dossiers les plus structurants. L’autoroute Yaoundé–Douala (phase 2), la Ring Road, les axes Bogo–Pouss et Kumba–Mamfé, la Pénétrante nord de Yaoundé ou encore la reconstruction de la section Tchakamari–Kousseri figurent parmi les priorités. Dans le Nord, où la mobilité demeure un enjeu stratégique, ces interventions s’inscrivent dans une logique de désenclavement et de sécurisation des échanges. Les grands corridors économiques — Ngaoundéré–Garoua, Yaoundé–Douala, Ebolowa–Akom II–Kribi — bénéficieront également de travaux renforcés, avec le soutien des bailleurs internationaux pour garantir la continuité du financement.
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Le MINTP mise aussi sur la modernisation technologique. La station de pesage de Nkankanzock, en cours d’automatisation, doit permettre un contrôle plus rigoureux des charges à l’essieu. L’objectif est clair : protéger le patrimoine routier, limiter les dégradations précoces et optimiser les coûts d’entretien.
Les projections pour 2026 témoignent de l’ampleur de l’effort national : 475,96 km de routes à bitumer, 2 698,47 mètres linéaires d’ouvrages d’art à édifier, 852,15 km de routes bitumées à réhabiliter et plus de 2 000 km de routes à entretenir, dont 778,24 km de routes bitumées et 1 270 km de routes en terre. À ces travaux s’ajoute le lancement de projets majeurs tels que les axes Batouri–Ngoura II, Oveng–Frontière Gabon et le second pont sur la Bénoué à Garoua. Des études techniques sont également prévues pour anticiper les interventions futures sur les corridors stratégiques.
À travers cette programmation dense, le gouvernement affirme sa volonté de garantir la mobilité, de renforcer la connectivité régionale et de soutenir durablement le développement socio-économique du pays. Pour le MINTP, 2026 s’annonce comme une année charnière, où la performance de l’exécution devra répondre aux attentes de millions d’usagers et d’acteurs économiques.
Raphael Mforlem


